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RUE SAINT-HOSPICE ♦
06300 de la rue de la Providence 9 à la ruelle Saint-François carriera San Souspir
Cette rue honore Hospitius, un religieux originaire de Nice, abbé de l’ordre de Saint-Benoît, qui vivait vers la seconde moitié du VIe siècle. Il mourut à Saint-Jean-Cap-Ferrat vers 580. En niçois, on l’appelle « San Souspir » et il est réputé pour guérir les maux de gorge. Il est fêté le 21 mai. Localement, il était invoqué avec succès pour obtenir la pluie. Après un voyage au Moyen-Orient, il revint pour fonder un monastère sur le cap appelé aujourd’hui pointe Saint-Hospice. Ses vertus lui obtinrent de Dieu le don des miracles et de prophétie. Entre autres, il prédit la venue des Lombards qui devaient ravager sept villes dont Cimiez. Cette prophétie se réalisa en 576. Mais Hospice fut miraculeusement épargné. En effet le Lombard qui le menaçait de sa hache sentit son bras se paralyser au moment où il allait trancher la tête du saint. Après le passage des barbares, il vécut encore quelques années dans la prière et la pénitence. Peu à peu, il fut considéré comme le patron des témoins. L’église actuelle à Saint-Jean-Cap-Ferrat, dédiée à saint Hospice, fut bâtie sur l’emplacement de la tour qui avait servi de retraite au saint. La vierge monumentale qui jouxte l’église a été offerte par Auguste Gal (voir à ce nom). Elle aurait dû être installée sur l’église même mais l’autorité militaire s’y opposa. Rappelons encore que la pointe Saint-Hospice a servi de forteresse (fraxinet) aux Sarrazins à partir de 813; ils en furent chassés vers l’an 973 par Guillaume Ier le Libérateur, comte de Provence, fils de Boson. Sur ce site, un fort fut bâti par les souverains savoyards et subit en 1706 la même destruction que le château de Nice par ordre du maréchal duc de Berwick. Un épisode tragi-comique rapporté par le chroniqueur Jean Badat s’attache à la construction de ce fort. Le duc Emmanuel-Philibert surveillant lui-même les travaux fut surpris une nuit par les corsaires que commandait un renégat génois nommé Occhiali et ne parvint à s’échapper que grâce au dévouement de deux de ses gentilshommes qui restèrent prisonniers. Le duc offrit une rançon de 2000 écus d’or qui fut acceptée; seulement Occhiali exigea comme condition sine qua non d’être présenté à la duchesse et d’être admis à lui baiser la main. Grand embarras du duc partagé entre le désir de sauver ses compagnons et de ne pas exposer la duchesse à cette humiliation. On eut recours à un stratagème: l’une des dames d’honneur, richement vêtue, fut présentée comme la duchesse, reçut les hommages d’Occhiali qui lui baisa la main et s’en retourna satisfait. Enfin, dans ces parages, les habitants de Beaulieu et de Saint-Jean avaient établi jusqu’à une époque assez récente la madrague à thons lorsque ceux-ci fréquentaient nos côtes en abondance. Pour en revenir à la rue, pendant la Révolution, elle s’est appelée de la Modestie. À l’instar de nos ancêtres qui s’adressaient en ces termes aux jeunes, nous voudrions, cher lecteur, t’en faire bénéficier: « Que sant Ouspici ti garde judici! ». (Que saint Hospice te garde le bon sens!).
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