(Un seul mot • Utilisez la Recherche avancée pour retrouver une phrase ou plusieurs mots-clés.
ROUTE DE TURIN ♦
06300 de la place de l’Armée du Rhin à Bon Voyage, limite des communes de Nice et de La Trinité
C’est une dénomination immémoriale qui consacre le début de l’itinéraire de Nice à Turin par L’Escarène, Sospel, Breil, Tende, c’est-à-dire l’actuelle route départementale 2204 puis nationale 204, ancienne « route du sel ». Après l’acquisition du comté de Tende par la Maison de Savoie en 1579, les souverains s’attachèrent tous, de père en fils, à créer une route permettant des communications commodes entre le port de Villefranche, fenêtre sur la mer, la ville de Nice et Turin leur capitale au cœur de la riche province du Piémont, pour favoriser les échanges commerciaux, surtout après la création du port franc (1610 et 1612). Sous le nom de route, ce ne fut d’abord qu’un sentier de montagne comme l’avait déjà aménagé sommairement Paganino Dal Pozzo (voir à ce nom). Néanmoins les passages les plus difficiles vont être améliorés notamment les gorges de la Roya, des ponts seront refaits, des murs de soutènement élevés en divers endroits. Enfin, vers 1780 elle fut rendue carrossable et accessible à peu près en permanence. Une viabilité plus réelle ne fut réalisée que vers 1830 et depuis elle n’a cessé d’être confortée pour devenir la très belle voie touristique de montagne que nous connaissons. Le tunnel routier du col de Tende (1279 m) fut creusé en 1882 par les Italiens, ce fut la principale amélioration. En effet, on allait pouvoir éviter le col géographique (1871 m) et sa route vertigineuse aux 72 lacets. Encore aujourd’hui quand on la parcourt à pied ou en voiture (gare aux amortisseurs) on en reste pantois. À mi-chemin une auberge relais la « Cà » permettait aux caravanes de mulets et autres voyageurs de souffler un peu. La longue histoire du chemin de fer Nice-Coni, inauguré en 1928, puis détruit pendant la dernière guerre et à nouveau rétabli en 1979 s’attache aussi à cet itinéraire. Quelques étapes de cette aventure ont été concrétisées. La toponymie d’abord, les gorges de Paganin le long de la Roya, le quartier de la Gabelle à L’Escarène, on peut en trouver d’autres tout le long. Le village de Fontan a été créé par ordonnance de Charles-Emmanuel Ier en 1616, pour servir de relais et il a été rendu indépendant de Saorge en 1871. Sous ce village, dans les gorges de la Roya, on peut encore lire une monumentale inscription commémorative en latin, gravée vers 1610. Elle est à la gloire de Charles-Emmanuel 1er, « XIe duc de Savoie, heureux dans la paix et la guerre, a, de son propre mouvement, à ses propres dépens et par sa propre industrie, achevé ce chemin royal, ayant pour effet rompu par le fer et par le feu les précipices inaccessibles des Alpes-Maritimes de part et d’autre, pour l’avantage du pays qui est en deçà et au-delà des monts… ». Une autre inscription datant de 1784 était sur la rive droite du fleuve à peu près en face de la précédente, mais elle a été vandalisée en 1794 par les troupes révolutionnaires françaises. Elle était à la gloire du roi de Sardaigne: « Religieux, Heureux, Auguste Père de la patrie Victor-Amédée III », et la route était décrite:… » élargie à 18 pieds pour qu’elle pût accueillir aisément les véhicules, la rendant presque plane (sic) sur 45000 pas depuis Limone jusqu’à Nice… ». À Nice la route royale avait pour origine la porte de Turin (gravure ci-dessus) qui se trouvait dans l’actuelle avenue de la République, ex-rue Victor. Démolie en 1848, elle se situait approximativement à l’actuel carrefour Barla-République, c’était un majestueux monument de style baroque, dû à l’architecte Bonvicini, qui faisait pendant à une porte semblable à Turin, à l’autre extrémité de la route. Une partie de l’attique de cette porte a été heureusement conservée et se trouve encastrée dans la maçonnerie de la plate-forme supérieure du Château. Cette pierre comporte une inscription à la gloire du roi Victor-Amédée III « qui a agrandi le port et la ville », elle est datée de 1782. Le tronçon urbain de la route de Turin ne donne aucune idée de ce que les voyageurs qui s’y sont engagés au cours des siècles, ont pu ressentir, surtout avec les intempéries, les dangers naturels de la montagne et ceux des malandrins de grand chemin. Dans leurs récits, il fut question « d’éternité du chemin » mais on peut dire que pour certains ce fut un chemin d’éternité. Et voici que l’existence de l’humble chapelle de Bon Voyage prend toute sa dimension spirituelle! Aujourd’hui elle mériterait bien une petite réhabilitation, comme on dit. Dans ce quartier, à la limite des communes de Nice et La Trinité une maison presque en ruines, située au n° 340 de la route de Turin comporte contre sa façade un monolithe qui, avec d’autres pierres de même gabarit, constitue une sorte de banc. Sur cette pierre couchée on peut lire l’inscription « NIZZA VENTIMIGLIA 4 ». Il semble s’agir d’une pierre directionnelle marquant la route n° 4, qui allait de Nice à Vintimille avant que les routes du bord de mer et la moyenne Corniche ne soient ouvertes, vraisemblablement avant le Rattachement, en empruntant le début de la route de Turin, puis ensuite le vallon de Laghet et par la Grande Corniche. Nous remercions chaleureusement notre correspondant M. Lasnier de nous avoir signalé ce petit monument. La ville de Turin compte 1294000 habitants.
Mini plan: | Angle : | Afficher noms de rues:
Agrandir la carte Cliquez sur le pointeur rouge pour calculer un itinéraire vers cette destination.
Serre Editeur (Editeur niçois indépendant - Histoire de Nice - Bibliographie de Nice) Email Gourmand (la première lettre numérique d’informations gastronomiques de la Côte d’Azur) Nice-Panorama(Visite virtuelle de la Côte d'Azur avec des panoramas) Fédération des Associations (Fédération des Associations du Comté de Nice) Nice-Cooking(le site des cuisines niçoise et méditerranéenne) Photos de Nice (photographies anciennes et actuelles de Nice et de son comté) Lou Sourgentin (le site de la revue culturelle niçoise)