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PLACE, RUE, MASSÉNA ♦
06000 carrefour central et place principale de Nice au bas de l’avenue Jean Médecin de la place Masséna 3 à la rue Maccarani (rue piétonne) entre la promenade des Anglais et la rue de France 65
À Nice les souvenirs sont nombreux, place, rue, espace (jardin), lycée, musée, deux monuments, pour rappeler le maréchal de France André Masséna, duc de Rivoli, prince d’Essling, né à Nice d’une famille levensoise, mort à Paris (1758-1817). S’il est célèbre à Nice, il ne l’est pas moins dans le reste de la France à laquelle il a consacré sa vie sur les champs de bataille de la Révolution et de l’Empire, bien qu’ayant vu le jour sous la souveraineté sarde. Son enfance perturbée par la mort prématurée de son père est écourtée car à 13 ans il est engagé comme mousse. Mais la vie de marin ne lui convient pas et il préfère s’engager dans l’armée, à 17 ans, dans le régiment Royal-Italien, cantonné à Toulon, dans lequel sert l’un de ses oncles. Il y apprend à écrire, à lire, à compter et très vite il est nommé caporal puis instructeur et en 1784 adjudant. Ne pouvant espérer être officier faute de quartier de noblesse, il se retire à Antibes, s’y marie avec Rosalie Lamarre, fille d’un chirurgien et ouvre un petit commerce dans lequel il s’ennuie mais pas pour longtemps car les événements qui se déroulent en 1789 vont l’interpeller. Il reprend du service et en 1792 il est lieutenant-colonel. Entré à Nice avec le général d’Anselme en 1792, on le trouve commandant le camp de la Fougasse dans l’Authion essayant de contenir les troupes du roi de Sardaigne-Piémont-Savoie-comté de Nice, Victor-Amédée III (1726-1796) en juin 1793, ce qui lui vaudra le grade de général de brigade. Il va redoubler de succès à Castel-Gineste, à Toulon et surtout en 1794 par la prise de Saorge aidé par un autre enfant du Comté, le colonel Rusca. Après l’occupation totale du Comté par les Français à laquelle le niçois Masséna a pris une grande part, ce seront les campagnes d’Italie sous les ordres de Bonaparte avec les victoires de Loano (1795), Montenotte, Millesimo, Lodi, Arcole (1796), Rivoli (1797) qui lui vaudra plus tard le titre de noblesse qui lui avait tant fait défaut et aussi le surnom « d’enfant chéri de la victoire » que lui attribuera Bonaparte. En 1799, il défait les armées russes et autrichiennes à Zurich mais en 1800 il est enfermé dans Gênes où il capitule avec les honneurs de la guerre. Après quelque repos on le retrouve à la tête de l’armée d’Italie avec laquelle il bat les Autrichiens à Vérone, conquiert le royaume de Naples en 1806, puis ce sera Friedland en 1807, Eckmühl, Wagram, Essling en 1809 dont il sera fait prince par l’empereur. Quelques batailles au Portugal et en Espagne et il se retirera en 1813; une visite à Nice puis le commandement de la 8e région militaire à Marseille. C’est ici que la Restauration le trouve, il s’y rallie, mais soutiendra néanmoins Napoléon pendant les Cent-Jours. Dès lors la gloire est passée, il est contraint de se défendre contre diverses accusations notamment celle d’avoir refusé de juger le maréchal Ney, son ancien compagnon et ami. Masséna comme tous les grands hommes a fait l’objet de critiques plus ou moins justifiées, notamment son amour de l’argent et des richesses. Mais n’était-ce pas la règle pour tous ces grands hommes tout en se consacrant au service de la Patrie? Néanmoins on doit retenir sa fidélité à sa patrie d’adoption qui lui avait donné l’occasion de cette éblouissante carrière, à ses amitiés avec Joseph Bavastro, son ami d’enfance, avec Bonaparte aussi et avec le pays natal car partout où il se trouvait il recherchait les Niçois pour parler du pays. Chaque fois que la municipalité fit appel à lui, malgré ses charges, il essaya de répondre favorablement (exemple pour le lycée). Le maréchal Masséna peut être considéré comme le plus français des Niçois et Napoléon Ier nous pardonne, l’enfant chéri de Nice. L’histoire de la place vaut d’être rappelée. Elle fut constituée en trois étapes. La partie la plus ancienne, semi-circulaire, au sud où se trouve la Caisse d’épargne, s’appelait place Charles-Albert (1798-1849) en hommage à ce roi de Sardaigne qui avait promulgué la constitution de 1848 très libérale pour l’époque. Ceci est rappelé par une plaque en niçois « Plassa Carlou-Aubert ». La deuxième, carrée, au nord, à l’entrée de l’avenue Jean Médecin, était déjà appelée place Masséna en 1860 puis ensuite place Impériale. Les deux parties étaient réunies par le pont Neuf jeté sur le Paillon en 1823. Le tout fut à peu près nivelé en englobant le pont Neuf en 1884 lorsque fut construit le Casino municipal sur le lit du Paillon, édifice désormais disparu; après avoir fait les beaux jours des chroniqueurs et des polémistes de 1884 à 1979, participé à la vie artistique de Nice, la « feniera » ou grange à foin, est entrée dans l’Histoire et est remplacée désormais par l’admirable perspective de l’espace Masséna (que la plaque désigne par esplanade du Paillon). Cet ensemble de 15000 m2 comprend un forum orné de deux statues allégoriques du sculpteur Volti, des bassins avec des jeux d’eau et de belles plantations. Il a été inauguré en 1983. Autour du forum on peut voir deux plaques gravées qui donnent les principaux faits de l’histoire de Nice et deux autres qui rappellent à grands traits, la vie du maréchal Masséna. Quant à la rue Masséna ouverte vers 1840 pour rejoindre la route de France, actuelle rue de France, ne fut baptisée que vers 1870 en même temps que la place. Elle s’est appelée pendant plus de quinze ans avant 1937 rue Honoré Sauvan, du nom d’un ancien maire de Nice (1860-1922). C’est dans cette rue que je suis né (R.I.), chez la bonne Mme Battanchon, sage-femme fort connue à Nice dans les années vingt. Faut-il rappeler? pourquoi pas, que la place Masséna est le lieu d’apothéose avec des décors appropriés construits tout exprès, renouvelés chaque année, en fonction du thème choisi, des défilés carnavalesques, au débouché de l’avenue Jean Médecin. C’était aussi du temps de l’ancien tramway le nœud central des diverses lignes. La place a repris son rôle depuis sa rénovation en 2006-2007 et surtout avec la mise en service du nouveau tramway.
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