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JARDIN DES FUSILLÉS DE SAINT-JULIEN-DU-VERDON 11 JUIN 1944
06200 à l’angle des boulevards Napoléon III et du Souvenir Français
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Ce jardin commémore le sacrifice de résistants fusillés par les Allemands le 11 juin 1944 dans ce village des Alpes-de-Haute-Provence. Le 9 juin les occupants avaient eu 13 tués dans un engagement avec les résistants. Ils décidèrent de fusiller 13 otages mais les communications étant coupées entre Digne et Saint-André-les-Alpes, la Kommandatur de Digne demanda à Nice de fournir 13 hommes à tuer. Un convoi fut formé à la hâte, comprenant cinq lycéens de Nice, capturés par les militaires de Vichy et livrés aux Allemands: Jacques Adam, Césaire Aubé, Gilbert Campan, Roger Demonceaux et Francis Gallo. Ils faisaient partie du groupe « Jojo » que l’un de leur condisciple, Joseph Arnaldi, avait formé au lycée. Il était incorporé aux groupes Francs de la Résistance. Ils avaient entre 16 et 18 ans. Huit autres internés à la prison de Nice firent aussi partie du convoi. Georges Baldo de Nice (48 ans), Félix Giordan de Coaraze (29 ans), Roger (21 ans) et Aimé Magnan (30 ans) de Puget-Théniers, Léonce Cassini de Juliano (Corse), un jeune inconnu jamais identifié et deux jeunes d’Antibes, Appolini et Graffino. À Magagnosc ces deux derniers tentèrent de fuir, ils furent tués sous les yeux de leurs camarades. À l’aube du 11, à 1 km de Saint-Julien-du-Verdon, on les fit descendre du fourgon cellulaire, on leur enleva les menottes et on leur dit: « Sauvez-vous, vous êtes libres ». Ils parcoururent quelques mètres mais furent fauchés par des rafales de mitraillette. Un cri de « Vive la France » jaillit et le coup de grâce fut donné à ceux qui bougeaient encore. Vers 9 heures, le propriétaire du champ découvrit les martyrs et courut chercher du secours. Ce fut l’abbé Isnard, curé de Saint-Julien, qui s’en chargea. Il y avait deux survivants, Jacques Adam et Aimé Magnan. L’abbé Isnard fit venir deux médecins, le docteur Escarras de Castellane et le docteur Dozoul de Saint-André-les-Alpes mais les malheureux trop blessés ne purent survivre. L’abbé Isnard les assista jusqu’à la fin et recueillit l’affreux récit de la bouche de Jacques Adam qui ne mourut que le 12. Ensuite, l’abbé fit photographier tous les morts et leur fit donner une sépulture décente, aidé par de braves femmes qui procédèrent à la toilette funèbre. Les Allemands avertis revinrent et voulurent fusiller le prêtre et brûler le village qu’ils fouillèrent. N’ayant rien trouvé de suspect, heureusement il n’en fut rien. À Nice, les conditions atroces de la mort des cinq jeunes héros soulevèrent une émotion considérable. Connaissant personnellement Roger Demonceaux (R.I.) que j’avais rencontré à l’Association générale des étudiants où je suivais des cours, je fus atterré lorsque j’appris cette nouvelle et tristement admiratif devant tant de courage et d’héroïsme. Chaque année une pieuse cérémonie du souvenir a lieu tant au lycée Masséna qu’à Saint-Julien-du-Verdon. Puisse ce geste annuel de ferveur, appuyé désormais par la dédicace de ce beau jardin aux Fusillés, contribuer à ce que la mémoire des Niçois ne faillisse point. « Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles/Couchés dessus le sol à la face de Dieu/Heureux ceux qui sont morts pour leur âtre et leur feu/Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés. » Charles Péguy (1873-1914).
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