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Egon SENDLER à NICE : l'icône, IMAGE DE L'INVISIBLE Imprimer Envoyer
Tags : Nice
Écrit par Patrizia Colletta   
Samedi, 29 Avril 2006 09:41
Egon SendlerL'exposé du père Egon Sendler, sj : "Théologie de l'icône, les racines de l'art byzantin", concluait le premier Colloque sur l'Art chrétien en Méditerranée, organisé par le Cercle Brea au Couvent des Dominicains de Nice, sous la présidence de Madame Josiane Rieu, professeur à l'Université de Nice.
Né en Silésie en 1923, Jésuite, spécialiste de l'art des icônes, auteur de plusieurs ouvrages de référence mondiale ("L'icône image de l'Invisible", "Les icônes byzantines de la Mère de Dieu", "Les mystères du Christ, icônes de la liturgie" aux éditions Desclée de Brouwer), Egon Sendler dirige depuis plus de 30 ans, en France et en Italie, des ateliers d'iconographie. Il a réalisé de nombreuses fresques à Rome, au Liban, et aux Etats-Unis.
Dans sa présentation, Egon Sendler a rappelé les 3 dimensions constitutives de la genèse de l'icône byzantine, les deux premières relevant d'une structure théologique, l'aspect le plus matériel, le plus humain; la dimension spirituelle s'affirmant à travers les théophanies, manifestations du divin.

1- Dimension historique: bien que le phénomène fut habituel durant l'Antiquité jusqu'à l'Édit de l'empereur Constantin (313), l'adoration de la représentation de l'empereur se poursuivit : le basileus demeura objet d'adoration à travers les mosaïques et les fresques grâce à un langage ideologico-religieux; son glissement vers l'idolâtrie fut l'un des prétextes possibles à la crise de l'iconoclasme, querelle des images de l'Empire romain d'Orient, aux VIIIe et IX e siècles, dont le fondement était en réalité d'inspiration "rationaliste".

2- Dimension hagiographique : culte du corps des saints du martyrium. Le martyr qui, selon la définition, est un témoin immédiat du Christ, se met à sa suite et reçoit de Lui la force d'accueillir "la vraie vie" à travers le don de sa propre mort, quelles qu'en soient les modalités.

3- Dimension spirituelle : les épiphanies. Elle trouve sa confirmation dans les travaux du second Concile de Nicée (787), qui conclut à "la nature sacrée" de l'icône, authentifiée par la tradition comme image de l'Incarnation, dont le seul et unique prototype reste la figure du Christ "Dieu fait homme". L'icône illustre donc la kénose, l'abaissement du Verbe ayant revêtu la condition humaine. A la double nature du Christ, vrai homme et vrai Dieu correspond la double nature de l'icône, trait d'union entre le monde matériel et divin.
Les éléments constitutifs de l'icône, en tant qu'objet de culte, se réfèrent à cette double réalité :

  • les matériaux utilisés , comme les supports et pigments, colles et bois sont tirés de la création, c'est la participation du règne minéral, végétal et animal, voulu par Dieu et confié à l'homme,
  • symbolisme des formes : l'icône byzantine puise ses sources dans les textes littéraires, divers apocryphes et les textes bibliques. La matière ici n'a de sens que de servir en premier l'Ecriture, la révélation faite à Moïse : "Je Suis celui qui Est, l'Eternel".
  • symbolisme des couleurs : l'or de l'icône est un voile qui signe la nature divine de l'image; la palette de couleurs, loin d'être homogène, souligne les différents courants, les écoles, les monastères, les styles, les époques.
  • symbolisme des lignes directrices du tracé de l'icône, avec en particulier la perspective inversée, mais également la complexité de la composition.

L'icône de la Natitivité de NovgorodLe père Sendler choisit d'illustrer son propos en commentant la composition de l'icône de la Nativité, dite de Novgorod. Nous ne retiendrons ici que deux points de la lecture passionnante qu'il en fit :

  • a) Au centre de l'image, un triangle sombre, comme une source noire, une grotte, où l'on reconnait l'enfant Jésus couché dans ce qui paraît être un tombeau, une évocation double de la lumière surgie dans le monde au milieu de la ténèbre : la crèche mais déjà le sépulcre. Un résumé saisissant de l'Incarnation et de la Croix.
  • b) De la partie supérieure de l'icône, et partageant celle-ci en deux, une verticale part de l'étoile, celle-là même qui guide les Mages, les anges et les bergers, traverse l'image en passant le nimbe de l'enfant Jésus; une seconde ligne traverse horizontalement l'image, en passant sous les pieds de l'enfant couché; et le Père Sendler de souligner le raccourci saisissant de l'évocation de la symbolique de la Croix, "Icône vivante de la charité".

- symbolisme de l'iconographe : "sa personne est le lieu où se fait l'union de la forme matérialisée de l'icône et la vérité de la foi"; ses mains obéissent à la vision intérieure de l'image. Il travaille dans le silence, la prière, la méditation de l'Écriture, l'humilité, l'obéissance. Cette voie "monastique" nécessite une double disposition du coeur : celle du croyant depuis l'Ancien Testament : "Seigneur montre-nous ton visage", et la fidélité à la tradition de la prière ésychaste de l'Orient chrétien : "Seigneur Jésus, aie pitié de moi pêcheur".

Egon Sendler rappela les deux conditions nécessaires pour lire une icône : au plan physique, le goût du beau, le sens esthétique; au plan spirituel : voir l'image avec les yeux de l'esprit, afin de pouvoir accueillir la réalité invisible.
Dans la contemplation l'icône se fait chemin ... celui qui contemple se trouve absorbé par l'objet contemplé, une désappropriation de soi qui nécessite une préparation, voir une transformation intérieure de celui qui regarde... Plusieurs icônes ou fresques défilèrent alors sous les yeux d'un public silencieux et recueilli, le Père Sendler l'invitant à "écouter" ce que chaque "image" pouvait dire à chacun...

Les propos d'Egon Sendler en ouverture de sa conférence nous revinrent en mémoire : "Que dire de notre temps noyé dans une mer d'images dont on ne peut se défendre ?". Mais de nous partager également l'espérance du chrétien : "toute image d'art dépasse l'oeuvre elle-même et toute image créee participe à l'Incarnation, même l'image la plus abstraite". Il conclut avec Saint Jean Damascène qui prit courageusement la défense des saintes images, au VIIe siècle : "J'adore la matière car en elle Notre Seigneur Jésus Christ s'est incarné".

 

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