NICE ÉGLISE RUSSE - Le président du conseil général des Alpes-Maritimes, Christian Estrosi, a chargé Olivier Bettati, conseiller général du canton, d’engager une procédure de classement au titre des Monuments historiques de l'ensemble des oeuvres d'art de l'église russe. Christian Estrosi a assuré le recteur Jean Gueit, président de l'Association cultuelle orthodoxe russe de Nice, du soutien du département et ajouté qu’il contactera personnellement le ministre de la Culture sur ce dossier. Après une semaine de fermeture, la Cathédrale orthodoxe russe Saint-Nicolas de Nice, déjà classée monument historique, a rouvert ses lourdes portes que le recteur avait fait clore le 7 février, lors de l’irruption des huissiers mandatés par la Fédération de Russie pour inventorier la basilique et son contenu.

Elle est considérée comme la plus belle cathédrale orthodoxe russe existant en dehors de la Russie.
L'idée de sa construction est attribuée à l'archiprêtre Serge Lubimoff qui sut convaincre la Tsarine Marie Féodorovna (née Dagmar de Danemark) mère du dernier Tsar de Russie, Nicolas II, de la nécessité d’un lieu de culte à Nice, en raison de l’important développement de la colonie russe sur la Riviera, dans la deuxième moitié du XIXe siècle.
Les plans de la cathédrale sont dus à l’architecte M. T. Préobrajensky, l’un des architectes officiels de la cour impériale, professeur d’architecture à l’Académie Impériale des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg et auteur d’édifices aussi renommés que la cathédrale Alexandre Nevski de Tallin et l'église russe de Florence. Le style adopté est celui des églises russes de l’époque prépétrovienne (fin XVIe, début XVIIe siècle), son plan a la forme d'une croix grecque. Le chantier fut suivi depuis Saint-Pétersbourg par Préobrajensky et sur place par des architectes de Nice.
Le chantier qui débuta en avril 1903 dura jusqu’en 1912 après avoir été interrompu faute de crédits pendant presque deux ans à partir de 1906. Le choix des matériaux fut particulièrement soigné : briques inaltérables de la région rhénane, taille des marbres par des lapicides italiens, majoliques bleu pastel et tuiles polychromes de Florence et de Blois, etc. Le bulbe central est entouré de quatre bulbes plus petits, comme la cathédrale Saint-Basile le Bienheureux de Moscou, au Kremlin.
Le 17 décembre 1912 on procéda à l'inauguration solennelle de la cathédrale achevée. Elle avait coûté plus de 1.500.000 francs or de l'époque. C'est aujourd'hui, par le nombre et la qualité des œuvres d'art qu'elle abrite, un véritable musée de l'art orthodoxe russe.
L'église russe de Nice reçoit 240 000 visiteurs ou fidèles chaque année.
Lire ici l'article de Paul Barelli correspondant du Monde.