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de la place de l’Armée du Rhin à la rue de Roquebillière 24

 

thaon.jpgC’est là encore toute une famille qui est honorée par cette voie. Les Thaon, originaires de Lantosque, jouissaient déjà d’une haute considération à la fin du XVIe siècle. Par les nombreuses et éminentes charges remplies dans les trois derniers siècles et par les très hautes distinctions honorifiques reçues, elle est sans aucun doute parmi les plus illustres familles niçoises.
La famille Thaon a droit aux titres de marquis, comte de Revel avec Saint-André, comte de Pralungo, seigneur de Castelnuovo (Châteauneuf).
Le fief de Revel comprenait les trois quarts de Saint-André (ancien fief de l’abbaye de Saint-Pons), et le quartier de Tourette appelé Revel. Ce fief appartint anciennement aux vicomtes de Nice puis aux Châteauneuf, de qui il passa aux Chiabaudi; leurs héritiers, les Peyrani, le cédèrent aux Thaon en 1687 et ce quartier fut érigé en fief comtal.
Parmi les représentants de cette famille, on peut citer: Charles François, comte de Revel et de Saint-André, né à Nice en 1725, mort en Sardaigne en 1807, qui fut commandant général du Comté lors de l’arrivée des Français en 1792 et devint ensuite vice-roi de Sardaigne. C’est lui qui organisa la résistance sarde dans les montagnes du Comté. À ce stade, rappelons que les trois Thaon de Revel utilisèrent des supplétifs pris dans la population montagnarde et connus sous le nom de Barbets. Ce mouvement de résistance à l’envahisseur français était né spontanément dans la vallée de La Vésubie compte tenu de la brutalité des troupes du général d’Anselme dès octobre 1792, ce qui provoqua une réaction violente. Les Barbets, extrêmement mobiles, compte tenu de leur connaissance du terrain, menèrent des actions de guérilla contre les troupes françaises. Certains auteurs ont voulu ne voir en eux que des bandits. La vérité est à mi-chemin, certes, ils procédaient à des exactions répondant à la violence par la violence. Mais avant 1796 ils étaient tout simplement des résistants contre une invasion étrangère. Après le traité de paix du 15 mai 1796, ils devinrent des hors-la-loi auxquels se joignirent des déserteurs et des brigands. Les derniers Barbets furent réduits vers 1800. De cette période il nous reste le fameux « Saut des Français » près de Duranus où les Barbets faisaient sauter dans le vide (à pic de plus de 300 m) « pour la République » quiconque admettait des sentiments républicains. Joseph Alexandre, fils aîné du précédent, né à Nice en 1756, mort à Turin en 1820, guerroya aux côtés de son père dans nos montagnes comme chef d’état-major et finit sa carrière comme gouverneur de Turin. Ignace, chevalier de Revel, comte de Pralungo, né à Nice en 1760, mort à Turin en 1835, également présent aux côtés de son père, devint ambassadeur à La Haye puis à Paris. Après la Restauration, fut gouverneur de Gênes, puis de Turin et vice-roi de Sardaigne. Ayant quitté la carrière militaire, il s’adonna à la littérature politique. On lui doit de remarquables « Mémoires sur la guerre des Alpes » qui éclairent singulièrement les opérations militaires dans le comté de Nice de 1792 à 1796 entre les troupes révolutionnaires françaises et les armées du roi de Sardaigne.
Plus près de nous, pendant la Première Guerre mondiale, un Thaon de Revel fut amiral de la flotte italienne.
Après le Rattachement, cette famille resta fidèle à la fois à Nice et à la Maison de Savoie.


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