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tunis-1590Pour une chronique qui se veut détachée, la voilà sans cesse sollicitée par l’actualité. Et l’actualité de ces dernières semaines est faite, largement, de ce qui se passe en Afrique du Nord et, plus largement dans le monde arabe.

On ne peut pas dire que l’Histoire soit riche d’échanges pacifiques entre Nice et Tunis, tout au moins pour ce que l’on en sait. Car il faut toujours garder à l’esprit cette vérité : l’Histoire n’est pas la science du passé ; elle est celle des sources du passé. Quand les sources font défaut, des pans entiers de la réalité évanouie nous échappent, et ce constat doit nous conduire à beaucoup d’humilité sur ce que nous pouvons dire des conditions de vie et des pensées des hommes et des femmes des siècles écoulés qui ne nous ont laissé que peu de témoignages de leur existence.

Les relations entre Nice et Tunis semblent donc se limiter, pendant un demi-millénaire, à une indifférence réciproque, au mieux, et plutôt à une hostilité permanente, entretenue par le fait que la seconde est un des principaux sièges de l’activité des corsaires barbaresques. En 1634, secondé par un marchand milanais, un commerçant piémontais, un intermédiaire juif et un navire flamand, Victor-Amédée Ier tente bien de négocier un traité de commerce avec la régence de Tunis, mais il semble que cette démarche ne fut guère suivie d’effets. En revanche, de nombreux documents décrivent les descentes conduites par les chevaliers de Malte sur les rivages tunisiens et permettent de voir dans leurs rangs s’illustrer des Niçois. Ainsi, Pierre Gioffredo rapporte dans son Histoire des Alpes maritimes l’attaque des îles Kerkenna, le 27 septembre 1611, et la mort du chevalier Louis Galléan, tandis que symétriquement, les razzias barbaresques sur les côtes niçoises restent une réalité permanente, comme celle décrite par Antoine Fighiera les 17 et 18 juillet 1623.

Ce récit de l’affaire des Kerkenna est une lettre que Gioffredo cite intégralement, et dont l’objet était de souligner l’attitude héroïque de Galléan. Mais il faut bien reconnaître que ce texte est aussi un savoureux morceau de cape et d’épée, et sa lecture est en tous points comparable à ce que le cinéma nous a donné de plus évocateur en matière d’aventures.
Enfin, quand je dis le cinéma, je devrais surtout constater que, sur ces siècles de bruit et de fureur, la production française et internationale est assez muette. Lorsqu’il est question de pirates ou de corsaires, la référence absolue reste les Caraïbes, sans doute du fait de la proximité relative d’Hollywood et de la part prépondérante que prit la littérature anglophone dans ce domaine, notamment avec L’île au Trésor de R.-L. Stevenson. Et aujourd’hui encore, avec le succès de la saga Pirates des Caraïbes, dont se repaît au moins une fois par semaine ma propre fille de 6 ans, la Méditerranée demeure exclue de ces représentations alors que, depuis les corsaires ligures du Ier siècle avant notre ère, jusqu’à François Bavastro ou Gaétan de May, au XIXe, pour ne parler que des Niçois, elle fut le siège d’un monde d’aventuriers tout aussi bariolé, pittoresque et rapace.

Ah non, j’oubliais ! Je crains en effet que dans cette absence ne brille de mille feux LE film qui nous montre le seul combat de corsaires méditerranéens, l’acmé de l’épopée historique à la française, l’alpha et l’oméga de toute connaissance sur le XVIIe siècle : je veux bien sûr parler d’Indomptable Angélique, le troisième volet des aventures inénarrablement kitsch de notre Michèle Mercier, qui a au moins ce mérite. L’attaque de la Réale par les navires du Rescator figure en effet en bonne place dans mon panthéon cinématographique personnel, au titre de son unicité autant que de ses qualités documentaires, à défaut de ses effets spéciaux !

Attendez cet été, vous pourrez vérifier à l’occasion de sa rediffusion annuelle !

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