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noblesse-nicoiseNICE NOBLE NOBLESSE - Sous la double et heureuse égide de l’Académia nissarda et du Centro di Studi piemontesi, Simonetta Tombaccini-Villefranque vient de publier une remarquable étude sur la vie de la noblesse niçoise au XIXe siècle.

Remarquable, ce travail l’est à plusieurs titres. Tout d’abord, par la rigueur de la recherche et de la documentation historiques. Mais aussi par la qualité évocatrice de la plume de l’auteur, qui, en n’omettant aucun détail du quotidien de ces quelques cent familles, nous fait pénétrer profondément dans les esprits autant que dans les demeures.

L’ouvrage nous permet aussi de découvrir la vie niçoise, dans son ensemble, pour une période qui est relativement peu traitée, celle de la Restauration et de ses prolongements, jusqu’à l’Annexion et même au-delà. C’est un beau document que Simonetta Tombaccini-Villefranque nous offre là, et j’encourage les amateurs de l'Histoire de Nice à le lire.

Je les encourage aussi à découvrir, en même temps, un roman italien, paru en 1895 sous la plume de Federico De Roberto et traduit en français sous le titre Les princes de Francalanza. Car l’ouvrage de Simonetta Tombaccini-Villefranque, aussi intelligent soit-il dans l’usage des documents historiques, s’interdisait bien sûr de les outrepasser et d’aller plus loin dans la psyché de ces hommes et de ces femmes. Il ne pouvait pas non plus, puisque ce n’était pas le sujet, décrire les pensées, les stratégies et les actions de chacun des membres de chaque famille, et encore moins leur entourage, leurs domestiques, leurs paysans, et tous ceux qui composent les galaxies qu’engendrent autour d’elles ces familles par leur puissance fantasmée et leur richesse supposée. C’est en cela que le texte de Federico De Roberto est un magnifique complément, car je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de différences mentales et humaines entre un noble sicilien et un noble niçois du XIXe siècle.

Le roman se donne comme sujet la description des mœurs d’une très grande famille de la noblesse de Catane, en Sicile, sur les trente années charnières qui séparent 1850 de 1880. Une remarque, au passage : pour qui connaît Catane, entièrement détruite à la suite des fureurs de l’Etna et du tremblement de terre de 1693, un air de familiarité s’impose. Une ville aux rues larges et rectilignes se coupant à angle droit, aux immeubles à hauteur constante, aux façades ornées, aux églises et aux palais riches de volutes, de blasons, d’anges et de rinceaux, cela ne vous rappelle rien ? Les palmiers, le soleil ardent sur les dalles de lave noire et la colline en plus, oui, vous l’avez deviné, Catane, c’est Turin.

La famille des princes de Francalanza, titre parmi tant d’autres, est composée de trois générations : celle des anciens, qui meurent au fil des pages, et au premier chef de la princesse-mère, source de tous les désordres et dont les obsèques grandioses ouvrent le roman ; celle des acteurs et celle des espoirs. Comme dans toute famille, me direz-vous. Certes. Sauf que l’on ne s’attend pas forcément à ce que, comme dans toute famille, tant de haines, d’ambitions, d’avarice et de calculs écrasent au quotidien l’humanité des personnages. Ici non plus, il n’y a pas de personnage aimable : les cadets qu’on a faits prêtres ou sœurs sans vocation pour ne pas disperser l’héritage, les filles qu’on marie au gré des nécessités, suscitant en leurs cœurs autant de haines que d’amertume, les choix politiques, alors cruciaux puisque l’Italie se fait, aussi imbéciles pour certains qu’opportuns pour d’autres, voilà le tableau que dresse ce roman, magnifique à tous égards. Alors oui, pour mieux comprendre encore les nobles niçois des années 1860, lisez Les princes de Francalanza.



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