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Plusieurs mois avant le carnaval, une fièvre étrange s'empare des carnavaliers. A Nice, on l'appelle malicieusement la carnavalina, mais ses symptômes sont identiques dans toutes les villes de Carnaval.

Il est fascinant de constater la ressemblance des lieux où cette fièvre se manifeste. Elle agit le plus souvent en milieu clos, et provoque une véritable atmosphère surréaliste dans les divers ateliers.

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Le choix du thème.
Première étape, et non la moindre, dans la conception de l'œuvre carnavalesque. Au début du printemps, la carnavalina se déclare ; c'est souvent la période la plus exaltante : celle de la conception, de la recherche de l'idée, de l'étincelle créatrice.
Le carnavalier niçois prend connaissance du thème imposé par le Comité des Fêtes pour l'année suivante, "la fête" en 1987, "le centenaire de la Côte d’Azur" en 1988, "l'amour" en 1989, "le rire" en 1990, "l'Europe" en 1993, thèmes qui lui laissent une relative liberté. Il fait dessiner et peindre son sujet - char ou grosses têtes - par un maquettiste, et il exécutera ensuite les travaux nécessaires à la réalisation de son char ou de son groupe, entouré d'une petite main-d'œuvre spécialisée.

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La réalisation.
Le carnavalier est souverain dans le royaume du carton-pâte et plusieurs phases jalonnent la réalisation des sujets de Sa Majesté Carnaval. Il faut tout d'abord passer dans l'atelier du sculpteur, qui tel un magicien utilise, pétrit, malaxe l'argile et le plâtre. Quels moments d'intense émotion il nous a été donné de vivre en voyant surgir, sous les mains expertes et pleines d'attention de Jean Ferrero, Joël Belly ou Gabriel Granata, les traits d'un visage modelé dans l'argile, découvrant le sourire malicieux de Sa Majesté Carnaval, ses rides joyeuses, plissées autour des yeux, révélées par un dernier tracé d'ébauchoir. Du modelage, on passe à la réalisation d'un moule en plâtre, que le carnavalier recouvre de plusieurs couches de papier découpé en petits morceaux, et encollés avec une mixion de farine et d'eau chaude. C'est ainsi que l'on obtiendra le tirage définitif, en carton-pâte.

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Une mécanisation ingénieuse
Le public méconnaît l'ingéniosité des carnavaliers qui font mouvoir leurs sujets à l'aide de moyens souvent très simples. Des cordes et ficelles, le carnavalier, devenu électricien ou soudeur, est passé aux moteurs électriques, d'origine parfois inattendue : essuie-glace, machine à coudre, machine à laver, ou systèmes plus élaborés, tels les vérins hydrauliques. Les carnavaliers niçois sont devenus les maîtres incontestés de la mécanisation, avec notamment J.P. et P. Povigna.

L’art du carnavalier
Le carnaval, fête du grotesque, est aussi la fête d'un art populaire qui s'exprime avec diversité et originalité. L'anthropomorphisme règne dans le carnaval. Très souvent, on assemble des têtes d'animaux et des végétaux, ou des objets sur des formes humaines et vice versa. De longs nez sont collés sur des faces et des corps difformes - masses de carton-pâte de plus de deux mètres de hauteur amusant ou effrayant les enfants.

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Il existe une spécificité dans l'art de peindre le carton-pâte qui nous permet de différencier un carnaval d'un autre. Les carnavaliers de Viareggio, passés maîtres dans l'art de la sculpture, ont une expression picturale beaucoup moins recherchée que celle de leurs homologues niçois.
G.-A. Mossa a exercé une influence talentueuse sur les peintres-carnavaliers. Et nous pouvons affirmer sans crainte qu'il existe un véritable art pictural du carnavalier niçois. Un art totalement méconnu, qui utilise une palette de couleurs éclatantes, à dominantes rouge, vert, jaune, avec des nuances infinies. Sur le corso, une grotte tête en forme de tomate à la provençale prendra brusquement une vie, un éclat nouveau grâce à cette peinture en dégradé, si particulière à Nice, celle qui recherche par un dernier coup de pinceau lou lume (la lumière), l'éclat final qui donnera une touche joyeuse aux sujets de Sa Majesté, sous les mains expertes d'artistes comme Efeso, Coppa, Beglia, Alexandre Sidro, aujourd'hui disparus, auxquels ont succédé L. Schiaffino, J. Ferrero, J. Damiano, A. Mignone, G. Granata, J. Belly, P. et JP Povigna.

Les carnavaliers nous proposent leur vision d'un autre monde : pour le Brésilien Joazinho Trinta ou la carnavalesca Maria Augusta, il s'agit de faire vivre un "opéra de rue", à la recherche de la Terre promise, peuplé d'un monde étrange d'entités mystérieuses.

Le carnavalier niçois Alexandre Sidro aimait à se comparer à un Pierrot : "Chercher fortune, je ne sais pas si je la trouverai, Lui la trouve dans la lune, moi, je la vois dans le rêve". Son univers peuplé de rêves, de fantasmagories permet au carnavalier niçois de donner de multiples facettes à l’imaginaire carnavalesque.

 

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