inset identite

 

retraite-m-chappuisChapitre trois

Le testament

Si vous avez raté le chapitre précédent...
 

M Chappuis se trouva plongé dans le même temps dans une nappe de fraîcheur et dans le noir. Ces ténèbres lui parurent parfaitement déplacées pour un notaire.

Pendant de temps, Maître Camous avançait dans l’ombre à pas feutré. Il fit glisser un rideau et un rai de lumière apparut enfin au bout d’un interminable et étroit couloir, pavé de tomettes rouges. Le bureau était clair et encombré de dossiers. La fenêtre, à gauche du notaire donnait sur une treille et un minuscule jardin sous les remparts du village. Remparts qui n’avaient jamais repoussé d’autre invasion que celle des loups venant voler les volailles aux renards les hivers de disette.

— Bonjour Maître Camous, je suis M Chappuis, sous chef de service à la retraite de la banque Paruit-Genevet.

Maître Camous offrit de s’asseoir et s’assit lui-même, attendit que son chat arrive sur ses genoux, lui flatta le dos jusqu’à ce qu’il soit bien rond sous la caresse, avec la queue dressée à angle droit, le gratta dans ce nouvel angle formé, sourit à nouveau et répondit aimablement.

— Impossible de se tromper, je vous ai reconnu à votre coup de sonnette urbain !

M Chappuis se sentait mal à l’aise.

— Maître, commença-t-il …

Maître Camous l’interrompit :

— Feu la tante de votre épouse, Alphonsine Guiaud,  m’a laissé un testament en ordre et des instructions claires : entretenir sa maison comme si elle y était encore jusqu’à l’arrivée de son héritière. La maison a donc été entretenue, l’eau arrive à l’évier, le carrelage est brossé, les meubles cirés tous les mois, et chaque soir une lampe à pétrole reste allumée jusqu’à neuf  heures qui étaient l’heure de son coucher. Les fenêtres sont ouvertes tous les jours pour aérer. La maison vous attend. Elle appartient maintenant à votre épouse Chappuis Anna, Esther, Honorine, née Pons.

—Parfait, répondit M Chappuis, puis-je avoir les clefs ?

—Il n’y a pas de clef, feu la tante de votre épouse les avait en horreur.

—Et les passants, les chemineaux ?

—Les passants passent et les chemineaux cheminent. Que viendraient-ils faire chez nous ? Nous avons notre chemineau communal qui suffit aux besoins du village. Il s’appelle Albert, et était berger. Grand, sec, noir, il aime chanter une comptine dans la rue qui descend de la Clastre à Escau, caché par sa cape noire  et odorante de berger, pour faire peur aux petites filles :

Petit Jésus bonjour,
Mes délices, mes délices,
Petit Jésus bonjour,
Mes délices et mes amours.

Mais il ne fait peur à personne, vous verrez.

M Chappuis se promit de ne jamais le voir.

La suite lui prouva que non.

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