inset histoire

 

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Carnet d’immatriculation comme capitaine de 1e classe. Milan, Museo del Risorgimento.
Sans doute lassé par ses périples sur les mers du monde, Garibaldi rejoint New York puis rentre en Europe, via Londres, en 1853. En Angleterre, il fait la connaissance d’Emma Roberts et de son amie intime Jessie White qui vont le suivre à Gênes où il arrive au début de l’année 1854. Entre deux voyages en mer, notamment vers la Sardaigne, il effectue de fréquents séjours à Nice, renouant le contact avec ses enfants; il confie son fils Ricciotti, de santé fragile, à Emma Roberts qui l’amène en Angleterre pour l’éduquer et le faire soigner. Il reprend son métier de marin : le 15 août 1854, il obtient son brevet de capitaine de 1e classe dans la marine marchande. Son livret d’immatriculation est, superbe hasard, signé par un homonyme, le consul Garibaldi !

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Caprera. Gravure extraite du Monde Illustré, collection privée
Tombé amoureux de La Maddalena, une petite ville du nord de la Sardaigne qu’il a sans doute connue grâce au major Leggero, son compagnon d’infortune en 1849, qui en était originaire. Le 11 novembre 1855, grâce à l’héritage de son frère Félix, mort aux États-Unis l’année précédente, il peut acheter la moitié de l’île de Caprera qu’il convoitait depuis quelques temps déjà. Il s’y installe et commence à aménager ce qui va devenir sa retraite, y construisant une première cabane avec du bois venu de Nice, offert par son ami François Guisol. Menotti est à ses côtés, tandis que Ricciotti est inscrit dans le collège militaire anglais de Birkenhead, près de Liverpool, et que Thérèse, toujours confiée au couple niçois Daideri, lui fait de fréquentes visites. Pour l’assister dans les travaux domestiques, les Daideri amènent avec eux une jeune domestique niçoise, Baptistine Ravello; Garibaldi va la séduire : elle lui donnera une fille, Anna Maria Imeni, née en 1859. En janvier 1857, le cutter Emma, que Garibaldi avait fait construire en Angleterre et avec lequel il naviguait, est détruit par un incendie : le héros renonce alors définitivement à sa vie de marin.

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Nomination de Garibaldi au grade de Major Général commandant le corps des Chasseurs des Alpes. Milan, Museo del Risorgimento.
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Garibaldi en grand uniforme de major du corps des Chasseurs des Alpes. Lithographie, collection privée.
A Turin, cependant, le processus d’unification de l’Italie initié par Charles-Albert en 1848 est relancé par son fils Victor-Emanuel II. L’arrivée au pouvoir de Cavour en 1852, la guerre de Crimée en 1855-56 scellèrent définitivement l’alliance avec la France et l’Angleterre qui vont désormais soutenir le petit état dans sa lutte contre l’hégémonique empire des Habsbourg. L’entrevue secrète de Plombières, entre Napoléon III et Cavour, le 21 juillet 1858, suivie du traité d’alliance franco-sarde du 28 janvier 1859 conduisirent l’Autriche-Hongrie à ouvrir les hostilités avec le Piémont en avril 1859. Peu de temps auparavant, le 2 mars, le roi avait reçu Garibaldi à Turin et, le 17, Cavour le charge de constituer un corps de volontaires, les Chasseurs des Alpes dont il lui confie le commandement avec le grade de major-général.

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Chasseur des Alpes. Huile sur toile, Rome, Museo Nazionale del Risorgimento.
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La bataille de San Fermo. Gravure colorée, collection privée.
Garibaldi repart au combat, non plus en franc-tireur, mais sous les ordres du roi. A la tête de ses volontaires, il traverse Bielle, Borgomanero, Sesto Calende, franchit le Tessin à Castelletto et entre en Lombardie. Le 23 mai, il écrase les Autrichiens à Varese et le 27, la victoire de San Fermo lui permet de prendre Côme, tandis que les Franco-Piémontais sont vainqueurs à Magenta (4 juin). Le 6, il est à Bergame et envisage une poussée vers le Tyrol. Le 8, Napoléon III et Victor Emanuel II entrent à Milan et le lendemain, Garibaldi y reçoit, des mains du souverain, la médaille d’or de la valeur militaire. Il arrive le 13 à Brescia où il reçoit l’ordre de se transférer en Valtelline pour bloquer le Stelvio. Le 24 juin, les Piémontais remportent la victoire à Saint Martin et les Français à Solférino. Le carnage que cette bataille engendra conduisit l’empereur des Français à proposer l’armistice à François-Joseph, contre l’avis des Piémontais. Signés le 11 juillet 1859, les préliminaires de Villafranca remettent la Lombardie à Napoléon III (qui la donne aussitôt à Victor-Emanuel II) mais laissent la Vénétie, Mantoue et Modène aux Autrichiens.

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Attribution de la médaille d’or de la valeur militaire. Milan, Museo del Risorgimento.
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Lettre de démission de Garibaldi au roi Victor Emanuel II. Milan, Museo del Risorgimento.
Dépité, Garibaldi dissout les Chasseurs des Alpes le 23 juillet et remet à Victor-Emanuel II sa démission de l’armée piémontaise. Appelé en Toscane où les nationalistes italiens sont en révolte contre le grand-duc, il prend le commandement des rebelles mais, contesté par les officiels piémontais, il renonce à désobéir au roi qui lui conseille la prudence et, de Turin, rentre 3 jours à Nice avant de s’embarquer pour Caprera, non sans avoir pris le temps d’épouser, le 24 janvier 1860 à Côme, la jeune marquise Giuseppina Raimondi, un mariage rendu célèbre par sa brièveté !


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Transfert des cendres d’Anita, de Ravenne à Nice, en novembre 1859.
Huile sur toile d’Erulio Eruli, Rome, Istituto del Risorgimento.


 

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