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Date : 1659 et 1824
Rénovation fin XVIIIe, Jean-Baptiste Borra;
rénovation début XIXe, Paul-Emile Barberi.

HISTORIQUE
La date de fondation des Pénitents blancs du Saint-Suaire est, elle, certaine : 1620, dans la chapelle voisine Saint-Roch-Saint-Eloi de l'hôpital de ce nom. Comme pour les autres confréries, ils recherchèrent un lieu pour établir une chapelle et acquièrent en 1621 une maison à l'ouest de l'hôpital, sur la Marine. Leur chapelle y est consacrée en 1623. Mais l'extension du couvent des Visitandines Sainte-Marie enclava cette première chapelle au milieu des bâtiments conventuels. Par un accord tripartite entre les Visitandines, le pouvoir ducal propriétaire de nombreux terrains au voisinage de la gabelle du Sel et les Pénitents, la chapelle fut cédée aux Visitandines en 1657 qui l'englobèrent dans leurs bâtiments. Les confrères, ayant en compensation reçu du duc les terrains subsistant de la Gabelle firent construire immédiatement une nouvelle chapelle à l'est de la précédente, achevée en 1659. Vers 1763, elle reçut une nouvelle façade. Désaffectée sous la Révolution, vendue en l'an VII à un particulier, quasiment détruite sous l'Empire, elle fut cédée en 1824 par le roi Charles-Félix à la confrérie de Pénitents qui réunissait désormais trois anciennes confréries (Saint-Suaire, Saint-Esprit et Saint-Nom-de-Jésus) sous le vocable de la Très Sainte-Trinité, et qui arborait le sac rouge des Pénitents du Saint-Nom-de-Jésus disparus afin de se différencier des Pénitents blancs de la Sainte-Croix. Restaurée, elle accueille encore cette confrérie.

EXTERIEUR ET FACADE
C'est la plus petite et la plus simple des chapelles de confréries niçoises. Borra avait sans doute conçu la façade, non pas en maçonnerie pleine, mais alternant les ouvertures et les colonnes. Cette disposition créait donc une sorte de péristyle, aujourd'hui occulté puisque des parois ont été dressées, sans doute à la Restauration, dans ces vides, formant désormais un sombre vestibule. Le fronton semi-circulaire porte bien sûr le triangle de la Trinité. Le petit clocher, déplacé ici en 1824, est couvert de tuiles vernissées à la mode génoise.

INTERIEUR
En 1824, Barberi a donné à la chapelle un plan rectangulaire très simple à une nef, avec au fond un choeur lui aussi rectangulaire, calqué, semble-t-il, sur l'original. On peut considérer, d'ailleurs, que la reconstruction, utilisant la simplicité des canons du néo-classique, retrouvait paradoxalement la pureté du baroque primitif. Très récemment (1997), le choeur a été agrandi par déplacement de l'autel vers le fond. La décoration de la chapelle est très simple. Elle entremêle les thématiques symboliques des trois confréries qui forment l'actuelle. La couleur dominante est l'ocre jaune. Au-dessus de l'entrée, dans la tribune de l'orgue, une porte communiquait avec le Sénat voisin. Les sénateurs devaient chaque année venir assister, depuis la tribune, à la messe du Saint-Esprit qui précédait l'ouverture solennelle de la session judiciaire. Placer leurs futurs débats sous les auspices de l'Esprit-Saint devait contribuer à les éclairer. A gauche et à droite de l'entrée se trouvent un certain nombre de plaques commémoratives rappelant le souvenir de prieurs ou l'histoire mouvementée de la confrérie. A droite de l'entrée se trouve une niche comportant un groupe processionnel figurant Le miracle de saint Hospice (au moment d'être décapité, le bras du bourreau est figé miraculeusement). Il est suivi, à droite, d'un tableau figurant le Christ en Ecce homo. Lui fait face une autre oeuvre représentant peut-être Jésus guérissant le paralytique.

CHAIRE
Elle est ornée d'un crucifix de même type que celui du Jésus, porté par un bras et amovible. Cette analogie provient peut-être du fait que les Pénitents rouges siégèrent dans l'église du Jésus durant l'Empire, et jusqu'à la cession et la reconstruction de leur chapelle.

TABLEAU DU SAINT SUAIRE
C'est un tableau de Jean-Gaspard Baudoin, daté de 1660. Il représente, sur deux registres, la mise au tombeau dans la partie basse et l'ostension du Saint-Suaire dans la partie haute. A côté du tableau du Saint-Suaire se dresse l'autel de la Vierge de l'Enfantement, «Mater Expectationis», la Mère en attente (de l'enfantement), dont la posture renvoie à la «Vierge de Miséricorde».

CHŒUR
On peut remarquer, aux quatre angles de la calotte du choeur, les symboles des confréries qui forment l'actuelle, représentée par le triangle de la Trinité : le Saint-Suaire tenu par des anges, le monogramme du Christ (IHS) pour la confrérie du Saint-Nom-de-Jésus, la colombe pour la confrérie du Saint-Esprit. Le maître-autel est surmonté d'un tableau de Barberi figurant la Très-Sainte-Trinité. A côté de la porte conduisant à la sacristie se trouve la pierre de dédicace de la première chapelle.

LE SAINT SUAIRE

Ce linceul, qui aurait enveloppé le Christ au tombeau, a été rapporté en Occident par un noble champenois après la IVe Croisade. Une de ses descendante le donna en 1464 à la duchesse de Savoie Anne de Lusignan. La dynastie en fit très vite son protecteur, le déposant à Chambéry où il manque de brûler. En 1537, le duc Charles III, chassé par les Français, le déposa au château de Nice, où il demeura sans doute jusqu'en 1540. Puis il fut emporté à Verceil, et enfin à Turin (1578) où il se trouve encore.

 

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