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VOIE PIERRE MATHIS ♦
06000 – 06200 ancienne Autoroute urbaine sud, plus couramment appelée voie rapide, de l’avenue Galliéni au boulevard René Cassin, carrefour Saint-Augustin et toutes bretelles d’accès et de sortie Directeur général des Travaux et services techniques de la ville de Nice de 1956 à 1973
Cette artère, qui était dite voie rapide, constitue l’un des principaux axes est-ouest et vice-versa pour la traversée de la ville de Nice. Réalisée à partir de 1962 par tronçons successifs, elle constitue à la fois une voie de pénétration et de dégagement et sert de liaison entre les quartiers grâce aux huit échangeurs répartis le long de son tracé de 8,5 km de longueur totale. Longeant à peu de choses près la voie ferrée Marseille-Vintimille, elle a nécessité des travaux gigantesques tout en viaduc notamment entre le carrefour Saint-Philippe et le tunnel de Cimiez car elle traverse ici le cœur de la ville. Située à peu de distance du rivage et desservant le centre de l’agglomération, elle absorbe un trafic qui dépasse 80000 véhicules/jour, allégeant d’autant la promenade des Anglais à vocation touristique et la rue de France, avenue de la Californie, prolongements de la RN7 trop étroite en ville. Toutefois, il faut convenir qu’elle est maintenant trop souvent saturée et ne conserve une certaine efficacité que par beau temps et à condition qu’il n’y ait aucun incident ou accident. En tout état de cause, la limitation de vitesse à 50 km/h sur tout son parcours est un élément nouveau déterminant. Son doublement sur toute sa longueur s’impose de plus en plus, attendu avec une grande impatience par les usagers, la municipalité étant convaincue de son absolue nécessité pour une plus grande sécurité des automobilistes et moins de bruit pour les riverains. Déjà une partie a été réalisée, il y a cinq ans, de la chaussée au nord de la voie ferrée depuis le viaduc de Magnan jusqu’à l’avenue de Fabron, apportant un important soulagement aux habitants des collines à l’ouest de Nice, ainsi qu’aux personnes devant se rendre au centre hospitalier de l’Archet. Lorsque nous écrivons ces lignes, nous apprenons que le préfet des Alpes-Maritimes a reconnu officiellement l’utilité publique du prolongement de la chaussée nord entre Fabron et Saint-Augustin (N.M. 18.03.2003). Le préfet a estimé qu’il fallait répondre au phénomène de saturation constaté dans l’agglomération niçoise et aux besoins du développement économique et social. La ville de Nice s’est engagée de son côté à prendre en compte les recommandations qui assortissent les conclusions favorables de la commission d’enquête. À moins que les riverains n’introduisent un nouveau recours devant les tribunaux, comme cela s’était produit en 1998-2000, le chantier devrait pouvoir être lancé en 2004 pour voir les premières voitures sur ce tronçon à l’échéance de 2006. Car, en effet, l’affaire technique est très importante sur les deux kilomètres manquants, une douzaine d’ouvrages d’art devront être construits pour enjamber les vallons descendant des collines. C’est en 1998 que la municipalité de Me Jacques Peyrat a décidé de rebaptiser la voie rapide pour rendre hommage à Pierre Mathis, ingénieur général des Ponts et Chaussées en fonction, comme l’indiquent les nombreuses plaques indicatrices, de 1956 à 1973, décédé en 1994. Un ingénieur en chef peu connu du grand public jusqu’à sa nomination. Et pourtant quelle personnalité! C’est lui qui en avait conçu le tracé et qui dirigea la réalisation à partir de 1960. Bien entendu, il avait prévu dès le départ son aboutissement à Saint-Augustin et selon ses familiers, il lui reprochait sa grande lenteur et il s’élevait contre les retards pris dans la réalisation des divers tronçons. Pierre Mathis naquit à Troyes (Aube) en 1908. Arrivé à Nice avec sa famille, fit ses études au lycée Masséna, puis au lycée Saint-Louis à Paris et entra à l’École polytechnique en 1928. Il choisit d’intégrer l’École des Ponts et Chaussées. Il fut également diplômé de l’École des sciences politiques de Paris. Après avoir été en poste à Poitiers et à Dijon, il servit pendant la Seconde Guerre mondiale en qualité de capitaine dans le Génie. De 1944 à 1948, on le trouve ingénieur de l’arrondissement de Boulogne-sur-Mer, où il participe à la reconstruction de cette zone très sinistrée, routes, ponts, équipement des quartiers. À ce titre, il sera nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1948. Puis ce fut un passage au Maroc, à Rabat avec la fonction de directeur des Travaux publics, un poste éminent. En 1956 il fut appelé à Nice par le maire, Jean Médecin, et dès lors, il s’attacha à mener à bien son œuvre principale, la voie rapide, mais pas seulement car il a conçu et orchestré la réalisation de nombreux équipements techniques urbains: voirie, circulation, écoles, assainissement, alimentation en eau, transports, ordures ménagères, bâtiments communaux, jardins, logements, protection civile. Il fallut faire face à un développement de la ville, passée de 243000 habitants en 1956 à 345000 en 1975. Il le fit avec de grandes qualités humaines et une intelligence brillante, très estimé de ses interlocuteurs et de ses collaborateurs. Pierre Mathis était marié. Madame Mathis a bien voulu nous communiquer l’essentiel des renseignements concernant son mari, nous lui en sommes particulièrement reconnaissants. Le maire, Jacques Médecin, remit à Pierre Mathis la médaille d’or de la Ville lors de son départ à la retraite en 1973. La ville de Nice peut s’enorgueillir d’avoir compté parmi les animateurs responsables de ses grands travaux, un homme de cette exceptionnelle compétence. On ne doit pas oublier qu’il savait s’entourer de collaborateurs à sa mesure, c’est le cas, entre autres, de notre ami d’enfance, côtoyé pendant plus de quatre décennies dans le scoutisme, Pierre Hanon, que nous saluons ici. Pour améliorer l’aspect de la voie Pierre Mathis, le service des Espaces verts de la ville de Nice l’a agrémentée de 12025 m2 de verdures, arbres et plantations diverses, répartis en 31 points différents.
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