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RUE SAINTE-RÉPARATE ♦
06300 de la place Rossetti à la rue de la Préfecture 23 carriera Santa Reparata
Cette rue est appelée du même nom que l’église dont elle longe la façade. C’était au Moyen Âge la « carriera fustaria » ou rue des Menuisiers. Le vocable de Sainte-Réparate date de loin; il en est fait mention dans des actes du XIIe siècle. Ce n’était alors qu’une simple chapelle paroissiale appartenant à l’abbaye de Saint-Pons, un très modeste prieuré qui fut le cœur de la vie religieuse au Moyen Âge, comme vient de le montrer Mgr Ghiraldi dans un ouvrage récent. Sainte Réparate qui a donné le nom à la cathédrale endura le martyre à l’âge de quinze ans à Césarée en Palestine v. 250 sous l’empereur Dèce pour ne pas avoir voulu sacrifier aux idoles. Elle fut décapitée et son âme monta au ciel, sous la forme d’une colombe. Selon la légende, son corps fut placé dans une barque et livré aux flots. Guidée par une colombe, l’embarcation, après une longue errance, toucha terre non loin de la colline du château. Des pêcheurs recueillirent la jeune morte qui semblait dormir sur un lit de roses, veillée par deux séraphins. La présence de ceux-ci donna, selon certains, l’une des explications du nom de Baie des Anges. Son culte se répandit en Italie jusqu’à Florence et Nice en a fait la patronne de la ville et du diocèse. Elle est depuis le Moyen Âge fêtée le 8 octobre. Malheureusement les savants ont fait fi de mille ans de tradition et dénient toute valeur historique à la passion de sainte Réparate. Qu’importe! La dévotion des Niçois reste inébranlable. En 1531, l’ancienne cathédrale Notre-Dame ou Sainte-Marie de l’Assomption était enserrée dans la partie est du plateau dans de puissantes fortifications ordonnées par le duc Charles III le Bon (1486-1553). La vie n’était plus tenable là-haut pour les gens d’église et le Chapitre, après de longues tractations qui durèrent trois-quarts de siècle, obtint que l’abbaye de Saint-Pons lui cède la paroisse de Sainte-Réparate pour y établir le siège du diocèse et la nouvelle cathédrale. C’est l’évêque Didier Palletis qui entreprit en 1650 la reconstruction complète de la cathédrale avec l’architecte Guiberto. Ce prélat trouva la mort le 18 septembre 1658 lors de l’écroulement de la coupole en cours de construction. Son successeur, Mgr Henri Provana de Leyni continua son œuvre et reçut en 1685 la châsse des reliques d’un saint Victor et consacra ensuite la cathédrale. Le clocher commencé par l’évêque Raimond Recrosio fut terminé en 1757 sous l’épiscopat de Mgr Charles Cantono. La façade actuelle fut restaurée en 1824 avec des fonds légués à cet effet par le chevalier Honoré Rossetti; en même temps la place devant l’église était aménagée. L’église contient de nombreuses œuvres picturales, un trésor et des reliques de sainte Réparate (?), saint Alexandre et saint Victor. La façade a été restaurée en 1972-1982 « à l’identique » par le fresquiste Guy Ceppa, ce qui a permis de retrouver les premiers évêques de Nice, les saints Siagre, Bassus, Pons et Valère. Le clocher et le dôme ont également été restaurés de façon artistique et très minutieuse. Mgr Rémond obtint en 1949 pour le 250e anniversaire de la consécration de la cathédrale, de la part du pape Pie XII, le titre de basilique mineure sous le double vocable de Sainte-Marie-Sainte-Réparate, reliant ainsi le présent au passé. Pendant la Révolution, le quartier s’est appelé Marat, la rue s’est appelée des Marchands, puis des Droits de l’Homme et sous le Premier Empire, de l’Évêché. Quant à la cathédrale, les révolutionnaires en avaient fait le temple de l’Être suprême et elle ne fut rendue au culte qu’en 1795. Mais comme dit le dicton elle est indestructible: « Tron, raissa, tempié, lampada noun pouòdon barselà Reparada » (Tonnerre, averses, tempêtes, éclairs ne peuvent frapper Réparate).
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