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RUE, MONTÉE, PARC DU CHÂTEAU ♦
L’appellation s’explique d’elle-même et l’histoire du Château mériterait beaucoup plus de développement car c’est en fait l’histoire de la vieille ville primitive. Force est de nous cantonner à quelques généralités. Le rocher de Nice a vraisemblablement été occupé dès la préhistoire. Véritable acropole, il ne manque pas d’intéresser les Phocéens, venus de Ionie, ou ayant essaimé de la colonie de Massilia, qui s’y installèrent entre 600 et 300 avant J.-C. Facile à défendre par sa structure même, il résista aux barbares et aux Sarrasins alors que Cimiez fut détruite. Les premières fortifications dateraient du Xe siècle mais on est plus assuré de leur confirmation par Alphonse 1er (1166-1196), comte de Provence au XIIe siècle. À ce moment, la ville tient tout entière sur le plateau avec ses trois églises et sa cathédrale Sainte-Marie (de l’Assomption ou de la Platea). Au début du XIIIe siècle, Raimond Bérenger IV (1209-1245) comte de Provence et son sénéchal, Romée de Villeneuve (mort vers 1250), construisent le château proprement dit et le donjon. Dès ce moment, la ville basse (Vieux-Nice actuel) qui n’était que le faubourg et le quartier des marins et des pêcheurs groupés autour de l’anse Saint-Lambert, premier port de Nice, s’agrandit et s’étoffe entre la colline, le Paillon et la mer. Après la « dédition » de Nice aux comtes de Savoie, le Château prend une importance considérable pour la défense de Nice, place forte vis-à-vis de la Provence devenue française. Le Château est agrandi en 1421-1426, puis une nouvelle enceinte est édifiée entre 1436 et 1442. La forteresse est encore étendue au XVIe siècle et la population civile est refoulée dans la ville basse autour de la nouvelle église de Sainte-Réparate où sera plus tard bâtie la cathédrale actuelle. Après le siège de 1543 où la forteresse est mise à l’épreuve, le duc Emmanuel-Philibert (1528-1580) renforce les défenses en 1560. Réputé imprenable, le Château devra pourtant capituler en 1691, après le bombardement de Catinat (1637-1712) qui fera sauter la poudrière du donjon. Les Français reviennent en 1703 et le château est à nouveau enlevé par Berwick (1670-1734). Celui-ci reçoit l’ordre de destruction par Louis XIV (1638-1715), dépité de la résistance rencontrée, et en 1706 il est exécuté. Nice est désormais ville ouverte et son destin va changer. Pendant plus de cent ans, la colline du Château n’offre qu’un aspect désolé de pierrailles envahies de ronces. Cependant, l’évêque Valperga (mort en 1803) obtint en 1783 l’autorisation d’aménager le cimetière pour ne plus enterrer les morts dans les églises afin de prévenir les épidémies. En 1822, la ville obtient l’autorisation royale de commencer à aménager des promenades et à reboiser, mais l’autorité militaire reste maîtresse du rocher. Après le Rattachement, il faudra attendre jusqu’en 1925 pour qu’une convention consacre la cession définitive par l’État à la Ville, de la colline, libre de toute servitude. Depuis le Château est devenu le superbe parc de 193000 m2 à 92 mètres d’altitude que nous connaissons, magnifique balcon d’observation sur l’un des plus beaux panoramas de Nice. Bien d’autres souvenirs hantent encore le Château mais le seul que nous retiendrons ici est le fameux canon de midi qui n’est maintenant plus qu’un vulgaire pétard et qui était tiré de la plate-forme supérieure dite le donjon (voir à rue Chauvain). N’oublions pas que la mission Patrimoine de la Ville de Nice a réalisé ces dernières années une remarquable étude sur les deux cimetières. Dans le cadre des journées de l’Identité niçoise, la commission Patrimoine a proposé de revaloriser la colline du château. C’est ainsi que sont nées deux manifestations qui ont eu beaucoup de succès: Voucalia, un festival de chants choraux et de musiques traditionnelles auquel a succédé la Castelada, un programme de visites commentées avec animation. Mais c’est un véritable musée qui est projeté non pas figé et statique mais évolutif et susceptible de faire véritablement revivre la colline, tant la forteresse que la ville primitive. Des études sont en cours sur le terrain, peut-être de nouvelles fouilles, complétées par la recherche et la compilation de documents anciens. La réalisation qui est envisagée est très ambitieuse. Par des moyens appropriés, images virtuelles et de synthèse notamment, il serait question de faire vivre le Château à différentes époques, dans une grande fresque avec son et lumière. Plus qu’une valorisation, ce serait une renaissance dans le temps et dans l’espace.
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