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RUE MARIE BASHKIRTSEFF ♦
06200 du boulevard René Cassin 2 bis à l’avenue Saint-Augustin 67
Née en Russie en 1860, morte à Paris en 1884, ce fut l’une des représentantes les plus brillantes de la colonie russe habituée de Nice à la fin du XIXe siècle. Plus sensible, apparemment, aux secrets de son jeune cœur et à l’effet qu’elle produisait sur les autres qu’aux beautés d’un paysage, celle qui a précédé Proust dans les minuties de l’analyse intérieure et tant fait couler d’encre, a laissé à Nice un souvenir impérissable. Maurice Barrès l’appela « Notre Dame des Sleepings-cars ». Les batailles de fleurs et de confetti lui donnaient l’occasion de se montrer. Aussi les a-t-elle complaisamment décrites. Le souvenir de « Moussia » a été entretenu religieusement par plusieurs écrivains, entre autres, Albéric Calmet et Pierre Borel qui ont continué pour elle les travaux inaugurés par André Theuriet, qui publia son journal intime après sa mort. Ils en furent récompensés par la gloire qui jaillit autour de ce qui touche à cette jeune Russe. À Nice, que sa famille fréquenta dès 1872, elle habita, tour à tour la villa Baquis à Brancolar, la villa Aquaviva, 63, promenade des Anglais où se trouve une plaque commémorative de son séjour. Elle y a écrit une bonne partie de son fameux journal et nul n’est tenté de l’oublier comme représentante de ces étranges personnalités de la colonie étrangère de la grande époque de Nice. Ainsi, elle entretint une longue correspondance amoureuse mais platonique avec Guy de Maupassant. Lorsqu’ils finirent par se rencontrer, une seule fois, tous deux étaient atteints par la maladie qui devait les emporter. Mais, chose curieuse, il advint la même aventure avec le peintre Jules Bastien-Lepage qui se faisait porter chez elle tous les jours. Jamais, il ne lui dit qu’il l’aimait, ni elle?; mais elle savait ce qu’elle avait trouvé. Elle s’éteignit doucement la veille de la Toussaint, elle qui avait dit?: « J’aime Nice, c’est ma patrie… Que c’est beau et qu’il ferait bon de vivre dans ce paradis?! » Bastien-Lepage ne lui survécut que jusqu’au onze décembre.
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