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RUE JOUAN NICOLA ♦
06300 dans l’îlot Saint-François, de la rue Sainte-Claire à la rue de la Providence carriera dòu codou (caillou)
Pas de meilleur emplacement que la vieille ville pour honorer Jean Auguste Nicola, dit Jouan, auteur dialectal niçois, qui y naquit en 1894 et y vécut intensément jusqu’à sa mort, en 1974. Rédacteur principal à la mairie de Nice, il resta en contact étroit avec le peuple niçois, ce qui lui permit de consacrer toute son œuvre au dialecte, ce qu’il fit avec une véritable dévotion, mais aussi avec l’intime conviction que ses ressources pouvaient exprimer tous les sentiments, toutes les émotions. Créateur, en 1925, de la Ciamada Nissarda, ainsi que le rappelle une plaque commémorative au bar de la Treille, rue François Zanin, il en fut le président actif jusqu’en 1960. Il dirigea aussi de 1934 à 1938 le journal « la Ratapignata » créé en 1900 par Menica Rondelly et fut secrétaire de la société « Lu Amic de Rancher » de 1961 à 1967. Le Felibrige reconnut son talent en le nommant « Mestre d’Obro ». Il collabora à Nice Historique et à « L’Armanac Nissart », à « l’Éclaireur du Soir » et au « Petit Niçois ». Auteur de chansons et d’une vingtaine de pièces de théâtre, on lui doit des pastorales comme « Pétou lou Rachou » et « Lou Paure Tounin », et des mélodrames comme « Campagnòlou », des comédies et des farces comme « L’Avoucat Trivelin », « L’Ouncle Tacadoli », « Fanny et lou Prince », etc. En 1939, il avait fait revivre le fameux « Presepi » que l’on jouait à la Condamine et ses marionnettes sont conservées au musée Masséna. Rappelons qu’il s’agit d’une pastorale, un conte de Noël tragi-comique, une marche à la crèche du petit peuple niçois dans laquelle sur une trame de texte imposé, les acteurs marionnettistes brodent et improvisent en faisant participer le public. Lorsque nous étions enfants nos parents nous y emmenaient en guise de récompense au temps de Noël. Ils s’y amusaient encore plus que nous. À la sortie il fallait casquer dans un chaudron en cuivre, « lou pairóu ». Qui se souvient encore des « tanta Chicoun », « barba Lauren », « la pastressa Rouseta », « lou baroun » et surtout de « l’ange Boufaréu »? Il était officier des Palmes académiques, chevalier de l’ordre national du Mérite. Il repose au cimetière du Château et du haut de la colline sacrée, il veille sur « son » Vieux-Nice. La rue Jouan Nicola ayant été récemment aménagée, elle se substitue à un tissu urbain très ancien, parcouru par diverses rues disparues. Le nom de « rue du caillou » historiquement attesté dans ce secteur, rappelle peut-être un gros rocher proéminent sur la pente du Château.
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