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RUE DU 22E B.C.A. ♦
06300 de l’avenue des Diables-Bleus 26 à la rue de Roquebillière
Cette rue a été tracée sur le territoire du « quartier » Saint-Jean-d’Angely (voir à ce nom), transformé en pôle universitaire. Ce bataillon de chasseurs alpins est pour les Niçois le préféré, celui qui pendant plus d’un demi-siècle s’intégra dans l’histoire contemporaine de Nice, c’est le 22e bataillon de Chasseurs alpins qui, de 1920, date de son installation au quartier Saint-Jean-d’Angely, à sa dissolution en 1976, anima les grands moments de la cité et aussi, bien sûr, la montagne niçoise. Créé en 1855 à Grenoble, il est licencié en 1856 et reformé en 1870. De 1888 à 1914, il tient garnison à Albertville (Savoie). Pendant la Grande Guerre, en Alsace et dans la Somme, au chemin des Dames, cette citation ne peut m’empêcher (R.I.) de penser à mon père et à mon oncle (bouòni anima), tous deux grands mutilés de 14/18, qui surtout lors de leurs dernières années nous ont conté infatigablement, Verdun, les tranchées, la Somme et encore et encore…, sur le front italien face aux Autrichiens, en Belgique, en Champagne, en Picardie, sur la Sambre où le 22e accueille les officiers allemands de la commission d’armistice, ce bataillon a marqué dans l’histoire son épopée glorieuse et douloureuse; il a perdu 49 officiers dont 2 chefs de corps: le commandant Parisot de la Boisse tué le 3 septembre 1914 et son successeur le commandant Richard tué le 20 juillet 1915 au Barrenkopf, 109 sous-officiers et 1268 caporaux et chasseurs. Pour ces faits d’armes, le 22e B.C.A. a obtenu quatre citations à l’ordre de l’Armée, une citation à l’ordre de la Division et une, à l’ordre de la Brigade. Il était titulaire de la fourragère aux couleurs de la médaille militaire. Citons pour mémoire le 62e B.C.A., réserve du 22e, recruté au début d’août 1914 à Albertville qui, bien souvent, a combattu aux côtés du 22e et a payé un lourd tribut: 22 officiers, 600 sous-officiers, caporaux et chasseurs avant sa démobilisation en 1919. Il était titulaire de la fourragère aux couleurs de la croix de guerre avec deux citations à l’ordre de l’Armée et une à l’ordre de la Division. En 1940 le 22e B.C.A. est retiré de son secteur de l’Authion où ne restent que ses éclaireurs-skieurs et part pour le front de l’Est. De l’Aisne à la Marne, il résiste au déferlement allemand et ne cesse le combat que faute de munitions. Le 1er août 1940, lors de sa dissolution, ils sont peu nombreux, les chasseurs présents! En 1944, issus des maquis du Sud-Est, le bataillon Corniche 22 est créé et opère dans le secteur de Roquebrune-Cap-Martin puis en haute Vésubie. Dissous en avril 1945, il est réformé en 1951 où il retrouve le quartier de Saint-Jean-d’Angely jusqu’en 1955, date de son départ pour le Maroc. Un an plus tard, c’est l’Algérie où jusqu’au cessez-le-feu de 1962 il accomplit une double mission militaire et humanitaire (écoles, dispensaires). Rentré à Nice il parcourt jusqu’en 1976 la montagne niçoise partageant son instruction entre le fort de la Drette et Beuil. Son prestige lui attira bien des sympathies, le roi de Danemark, le roi de Suède Gustave V et le prince Rainier de Monaco en furent des sous-officiers « d’honneur ». En passant dans cette rue, on pense à la fière devise du 22e B.C.A.: « Nul ne crains ».
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