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RUE DROITE ♦
06300 de la rue Saint-François 7 à la rue de la Préfecture 39 (cantoun dei sarraïn) carriera drecha
C’est l’une des plus anciennes rues de la vieille ville, ainsi dénommée, non comme on pourrait croire parce qu’elle est rectiligne, ce qu’elle n’est pas en réalité, mais parce qu’elle constituait le chemin le plus direct pour la traversée de la ville d’un rempart à l’autre. En 1354, on la trouve signalée sous le nom de « carriera recta ». D’aucuns prétendent qu’elle était surtout habitée par des juristes, habiles en droit. Ce qui est plus sûr, c’est qu’elle paraît avoir été longtemps la plus importante et la mieux habitée de Nice, par des familles nobles (témoin le palais Lascaris à la belle façade), des banquiers, des orfèvres, et autres bourgeois importants qui y avaient spécialement élu domicile. Parmi ces belles demeures nous en avons sélectionné deux qui comportent sur le linteau de l’entrée des devises caractéristiques; au n° 14 le propriétaire a choisi une façon inusable d’exprimer sa foi: « IVSTVS (IHS) IVDEX » c’est-à-dire « Christ mon juge ». Quant aux initiales I.H.S. pour « Iesus Hominum Salvator » (Jésus Sauveur des Hommes), on les retrouve souvent dans nos vieilles rues comme dans nos villages du haut pays; elles sont la concrétisation de la dévotion du saint nom de Jésus prônée par saint Bernardin de Sienne (1380-1444) et approuvée par le pape Martin V (1368-1431) qui devaient être gravées sur les portes des maisons, des villes, des édifices publics. Rapportons encore au n° 21 de la rue, ce vestige d’une religiosité ardente de nos anciens où le linteau proclame « Spes mea devs » (Dieu mon espérance). En 1793, elle fut dénommée rue de la Révolution et rue Populaire, pour parties. Mais naguère encore, la rue était animée par divers messagers, étant donné sa fonction essentielle de liaison directe, dont les plus pittoresques étaient les petits porteurs de socca se rendant au « Cours ». Parmi toutes ces particularités une dernière: Léon Trotsky (1879-1940) aurait passé deux jours dans un appartement au n° 16 de la rue avant de partir en exil. Mais revenons au palais Lascaris. Il a été édifié au milieu du XVIIe siècle pour les Comtes Lascaris-Vintimille. Classé monument historique, il a été restauré depuis 1963 et transformé en musée. Le palais, de style baroque et génois, conserve un escalier monumental orné de fresques et des salons luxueusement décorés. Des tapisseries flamandes, un mobilier des XVIIe et XVIIIe siècles ainsi que des collections de faïences de la même époque sont présentés.
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