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RUE DE L’OPÉRA ♦
06300 de la place Masséna 4 à la rue Saint-François de Paule 11
Sous la Révolution cette rue, vraisemblablement nouvelle, s’appelait rue du Secours. Ensuite, elle devait en 1836 prendre le nom de Charles-Albert, comme la moitié sud de l’actuelle place Masséna sur laquelle elle débouche, elle prit enfin en 1899 son appellation actuelle « pour faciliter l’étranger », l’Opéra étant à proximité. C’est le plus ancien théâtre de Nice. Sur son emplacement existait en 1776 une salle dite théâtre Maccarani du nom de son propriétaire fondateur (voir à ce nom). De 1793 à 1814, devenu bien national, il prit le nom de théâtre de la Montagne, puis la société des Quarante géra à nouveau le théâtre, faisant jouer la comédie et l’opéra jusqu’en 1824. En 1826, sur l’avis du roi Charles-Félix, la Ville acheta le théâtre, le démolit et fit construire le Théâtre Royal, achevé en 1828 sur le modèle du « San Carlo » de Naples. Jusqu’en 1860, alternèrent des troupes françaises et italiennes jouant comédie, opéra-comique, grand opéra et ballet. De 1860 à 1870, le théâtre devint le Théâtre Impérial, restauré en 1865. Il eut la meilleure réputation grâce à des créations et à la venue de très grands interprètes. De 1871 à 1881, il s’appela le Théâtre municipal. Le 23 mars 1881, quelques minutes après le début de « Lucie de Lammermoor » un incendie le détruisit entièrement et fit cinquante-neuf victimes. A l’entrée du cimetière du Château, un monument mémorial garde le souvenir de ces victimes. De même dans le cimetière anglais de Caucade. Reconstruit sous le contrôle de Charles Garnier par l’architecte niçois François Aune et achevé en 1885, c’est l’Opéra actuel. Tour à tour italien, puis français, le répertoire comporte depuis lors la plus grande diversité. À partir de cette époque, il a vu des créations célèbres ou des reprises d’opéras de tous les grands maîtres ainsi que les débuts ou la consécration des interprètes les plus prestigieux avec cependant quelques éclipses pendant les deux guerres. Nous ne pouvons terminer sans citer les hommes et les femmes qui animèrent l’Opéra mais il faut nous borner à une énumération. D’abord les visiteurs les plus illustres: Napoléon III, le tzar Alexandre II, Louis II de Bavière, les rois de Danemark et de Suède, les présidents Sadi Carnot, Félix Faure, Émile Loubet, Deschanel. Quelques-uns des musiciens les plus célèbres: Chostakovitch, Massenet, Darius Milhaud, Puccini, Johann Strauss. Et les interprètes les plus prestigieux: Nelly Melba, Adelina Patti, Sophie Cruveli, Victoria Fer, Régine Crespin, Solange Delmas, Montserrat Caballe, Tamagno, Georges Thill, José Luccioni (qui fut également directeur), Aquistapace (lui aussi directeur), Gabriel Bacquier et tous les et caetera. Bien d’autres manifestations et des fêtes très appréciées, tels les « veglione » clôturant les carnavals d’avant-guerre, ont contribué à son renom international. Un programme de rénovation est heureusement entamé. Malgré que d’autres divertissements attirent ailleurs le public depuis ces dernières années, l’art lyrique a encore ses adeptes, et c’est tant mieux pour notre vénérable opéra ainsi que l’encouragement que cela procure pour notre conservatoire de région national de musique de Nice.
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