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RUE CHAUVAIN ♦
06000 de l’avenue Félix Faure 12 à la rue de l’Hôtel des Postes 43 (ancienne rue des Hôtels)
Au début de la deuxième partie du XIXe siècle, les étrangers affluent à Nice et il faut les loger confortablement pour les retenir. C’est l’époque de la construction des premiers grands hôtels au bord de mer, quartier Croix de Marbre et dans la partie la plus récente de la vieille ville (Rue Saint-François de Paule). Mais sur la rive droite du Paillon, alors déserte (elle ne sera endiguée qu’en 1864) un précurseur avisé, Auguste Chauvain achète un immeuble nouvellement construit et en fait l’un des premiers palaces, le Cosmopolitain ou Grand Hôtel Chauvain. Par la suite, il donnera du terrain à la Ville pour élargir la ruelle qui longeait l’hôtel afin d’en faire la rue actuelle baptisée Chauvain en reconnaissance. C’est de la terrasse de l’hôtel Chauvain qu’un client anglais excentrique, Lord Coventry-More qui y séjourna de 1861 à 1863, faisait tirer le canon à midi pour rappeler à son épouse étourdie l’heure du déjeuner. L’Anglais parti, les Niçois qui en avaient pris l’habitude exigèrent que l’on continuât. On transporta le canon sur la terrasse du Château et on continua à le tirer sans interruption. Vers 1930, le canon fut remplacé par des pétards et prit sa retraite dans le jardin du musée Masséna. Ainsi naquit la tradition du canon de midi à Nice. Encore aujourd’hui, les vieux Niçois se renseignent au milieu de la journée: « A jà picat lou canoun? » pour savoir s’il est midi. Une note d’Émile Négrin (Promenades de Nice 1869-1870) est intéressante: « En 1865, à côté du pont des Anges, a été placée sur socle de pierre, une méridienne en fonte. Mais peu d’étrangers vont régler leur montre sur cet instrument. Mieux eût valu garder et subventionner le canon Coventry de bruyante mémoire ». Une anecdote est générée par le canon. Un touriste tatillon voulut savoir sur quoi l’employé se basait pour savoir quand il était midi. Le préposé lui dit aussitôt qu’il regardait l’heure de la tour de l’horloge et que pour confirmation, il attendait que sonnent les cloches de la cathédrale. Non satisfait, il alla poser la même question au sacristain qui répondit spontanément « Tè, pardi! pour sonner les cloches j’attends le canon! ». Ce M. Chauvain avait fait construire entre Nice et Villefranche le fameux château de la colline de la Paix ou château d’Oldenbourg, d’une architecture baroque très harmonieuse, qu’il vendit ensuite à un descendant de la grande Catherine de Russie, qui le transmit à un certain Gosselin. Par la suite, tombant en ruines, ses principaux éléments de décoration pillés par les vandales, le château a été démoli en 1982 pour construire des immeubles de rapport.
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