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RUE ALPHONSE KARR ♦
06000 de la rue de la Liberté à l’avenue Georges Clémenceau 17 (ancien chemin de Saint-Étienne)
Cette rue honore Jean-Baptiste Alphonse, écrivain français, pamphlétaire et poète, né à Paris, mort à Saint-Raphaël (1808-1890) où il repose. Le plus connu de ses romans est « Sous les tilleuls » (1832) qui avait failli être un poème. Mais c’est dans les pamphlets mensuels « Les Guêpes » publiés pendant de nombreuses années à partir de 1839, qu’il dispensa son esprit brillant et sa verve satirique. Après avoir failli faire carrière de professeur, il devient directeur du « Figaro » en 1835. Mais on le retrouve après Etretat, proscrit, réfugié politique à Nice en 1853 après le coup d’État de 1851. Il s’installa dans une vaste propriété qui devait se trouver aux alentours de la rue Cluvier actuelle dans le quartier Saint-Philippe, la villa Morel. Enchanté par le climat hivernal il y aménage un jardin important qui bientôt compte 5000 rosiers et bien d’autres espèces. Il devient ainsi le véritable promoteur de la production de la fleur coupée pour la consommation locale et pour l’exportation. Prêchant d’exemple, il ouvre une boutique au jardin public, en collaboration avec une ancienne actrice Madame Duluc. Il eut aussi un jardin à l’emplacement de l’actuel consulat d’Italie et un autre dans le chemin de Saint-Étienne, ce qui explique la dénomination de la rue Alphonse Karr. Il recevait beaucoup d’artistes notamment Alexandre Dumas, Lamartine et Théodore de Banville et il était en relations avec les célébrités de Nice à son époque, l’impératrice de Russie, la grande duchesse Hélène, les rois de Bavière et de Suède et même le roi Victor-Emmanuel II qui régnait sur le comté de Nice, le Piémont, la Sardaigne et la Savoie. Cette animation, son caractère ombrageux tempéré par un humour à toute épreuve, donnaient lieu à des anecdotes cocasses racontées dans les « Promenades autour de mon jardin ». Alphonse Karr y consignait aussi ses impressions sur Nice: « Le ciel rose le matin, lilas le soir, est d’un bleu très limpide et très particulier tout le jour, et la nuit, au lieu de devenir noir, il devient du lapis des pervenches ». Ce fut l’un des personnages les plus originaux, et aussi, le plus déconcertant de ce temps. Malgré des attitudes parfois équivoques au moment du Rattachement, il eut le mérite de contribuer grandement au renom de notre ville. Sa dernière marque d’originalité fut de se retirer du monde en 1880 pour s’installer à Saint-Raphaël dans sa fameuse « Maison close ». On lui a attribué l’expression: « Plus ça change, plus c’est la même chose » et une vérité première: « De malheurs évités, le bonheur se compose ».
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