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PLACE, TRAVERSE GARIBALDI ♦ Imprimer Envoyer
06300
• carrefour formé par le boulevard Jean Jaurès,
la rue Docteur Ciaudo, l’avenue de la République,
les rues Cassini et Catherine Ségurane
• du boulevard Saint-Sébastien à l’avenue Saint-Jean Baptiste
ancien pont Garibaldi

plassa Vitour

 

garibaldi.jpgCette belle place ouverte entre 1750 et 1780 selon le style des places de Turin, sur des terrains donnés par le roi de Sardaigne-Piémont-Savoie-comté de Nice, Victor-Amédée III (1726-1796) a toujours été un centre actif de la vie niçoise. Tracée sur l’ancien « Camars soutran », c’est-à-dire « champ de Mars inférieur » par opposition à celui du château, la première place moderne « hors les murs » s’est d’abord appelée Pairolière à cause de la porte subsistant à proximité. Elle servit longtemps à l’évolution des troupes d’où son surnom de place d’Armes quelquefois mentionné. Elle devint la place Victor (et aussi Vittoria) en l’honneur du monarque précité, puis lors de la période française de 1793 à 1814, successivement place de la République et place Napoléon. La Restauration lui rendit son nom de Victor et le Rattachement celui de Napoléon.
Bonaparte y passa dit-on les troupes en revue le 3 mars 1796 avant de partir pour la campagne d’Italie. Napoléon III y reçut symboliquement les clefs de la ville des mains du maire Malausséna, lors de sa première visite après le Rattachement, le 12 septembre 1860.
On y tenait aussi diverses foires et notamment jusqu’à une époque récente la fameuse foire aux animaux de bât et de trait, chevaux, ânes, mulets, pour la Saint-Barthélemy le 24 août. Par sa situation de carrefour, elle était le trait d’union entre les diverses fractions de la ville et les faubourgs, le point de départ de l’itinéraire vers Turin, situation renforcée encore lorsque les tramways furent mis en service car de nombreuses lignes transitaient par cette place. Le terre-plein central, avant son aménagement actuel de 2300 m2 de jardin rendu nécessaire par la circulation moderne, était un lieu de rencontre. En particulier, le « Mai » de la place Garibaldi était célèbre et l’on y venait de tous les quartiers de la ville pour danser ou simplement regarder et participer à l’animation. Sous ses arcades ombreuses, les commerces et les grands cafés contribuaient à l’ambiance particulière de la place. Enfin, sur l’un des côtés se trouve la célèbre chapelle du Saint-Sépulcre, gérée par un clergé italien, dite des Pénitents bleus, confrérie fondée en 1431, qui a pris le relais cultuel de l’ancienne chapelle de Sincaire (voir à ce nom).
garibaldi2.jpgQuant à son appellation actuelle, elle lui a été donnée en 1870 pour honorer de son vivant le grand Garibaldi Giuseppe dit Pupin, né à Nice en 1807, d’une famille d’origine génoise. Au n° 2 du quai Papacino une plaque commémore cet évènement mais la vraie maison natale n’existe plus. Il fut baptisé dans l’église Saint-Martin, Saint-Augustin.
Après avoir fait divers métiers il participe aux mouvements qui agitent l’Italie. Républicain ardent, il est exilé, se réfugie en France en 1834, puis passe en Amérique où il prend une part active aux guerres d’indépendance des États d’Amérique du Sud. Rentré en Europe, il devient en 1848 l’un des chefs du mouvement révolutionnaire italien. En 1859 à la tête des « Chemises rouges » il combat pour l’unité italienne, contre l’Autriche. Mais bien que né lorsque Nice était française, il proteste hautement contre la cession de la Savoie et de Nice à la France en 1860. Conduisant les « Mille », il conquiert le royaume de Naples qu’il remet au roi de Sardaigne, Victor-Emmanuel I (1820-1878) et salue en lui le premier roi d’Italie (1861). Fidèle à son idéal de défenseur de l’indépendance des peuples, en 1871 il vient au secours de la France avec 5000 « chemises rouges » et arrête 40000 Allemands à Dijon. Cet épisode lui vaut une telle renommée qu’aux élections de 1871, quatre départements français l’élisent à l’Assemblée nationale bien qu’il ne soit nullement candidat. Il refuse et préfère être député dans son pays nouvellement constitué.
Âgé, surnommé le « Héros des Deux Mondes »*, il se retire dans l’île de Caprera, au nord de la Sardaigne, où il achève ses jours en 1882. Sa mort fut un deuil national pour l’Italie et même son cheval préféré eut droit à une tombe. Malgré les sentiments proitaliens qu’il afficha, nombre de Niçois ne voyant en lui que l’enfant du pays, célèbre ô combien, lui vouent encore aujourd’hui une grande admiration (voir à Adolphe Isnard). La dépouille mortelle de la première épouse de Garibaldi, Anita Ribeiro de Silva, une Brésilienne qu’il avait épousée en 1842 et qui mourut d’épuisement à ses côtés en 1849, a longtemps reposé au cimetière du Château. Elle a été transférée à Rome en 1931. Celle de sa mère Rosa Garibaldi est toujours au Château.
Le monument érigé au milieu de la place est l’œuvre du sculpteur Eteix. Achevé par Gustave Deloye, il fut inauguré en 1891. Lorsque nous étions enfants, un bassin rempli d’eau se trouvait autour du socle. Une barque y évoluait sans arrêt et c’était une belle récompense que de se voir offrir un tour de bateau à « Galibardi ».
La place est entrée dans l’histoire contemporaine car de durs combats s’y déroulèrent le 28 août 1944 pour la libération de Nice, témoins deux plaques commémoratives aux noms des résistants Boscarollo et Vallaghé.

* Ce surnom avait déjà été donné au général La Fayette (voir à ce nom).


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