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L'utilisation de la langue niçoise, de l’inversion et du symbole, par les réalisateurs du char de la Ratapignata leur permet d'affirmer l'existence d'une communauté niçoise, positive et plus subtile que ne laissaient supposer les images parfois dévalorisantes que les membres de la colonie hivernante écrivaient à leur sujet, ou bien certains rapports de fonctionnaires français qualifiant de sous-développées les populations du pays niçois.
Car effectivement, selon les cultures et les traditions, la chauve-souris, "impératrice" du monde des Ténèbres, est plutôt chargée, de valeurs négatives, diaboliques, et apparemment elle semble exorcisée de tout pouvoir maléfique, dans le carnaval mais aussi la culture niçoise.
L'impact de ce char, sur le corso, était d'une grande force : n'était-ce point là une manière d'endosser, au premier abord, l'aspect inquiétant, ténébreux, laid de la chauve-souris, et de le transformer en symbole de sagesse, perspicacité, intelligence. Elle représentait une manière à la fois subtile et grotesque de la part des autochtones de faire front aux critiques, au sentiment de supériorité des "étrangers" vis-à-vis de la culture niçoise populaire. Elle devenait le totem des Niçois, et l'affirmation d'une identité "sauvage". |