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Le Carnaval et la musique des ténèbres
Les premières allusions que l'on peut faire, à une "musique" particulière ou "paramusique" pendant le Carnaval, sont, Sans nul doute, celles qui ont trait à la coutume du "charivari" et aux symboliques qui s'y rattachent. "Par le terme de paramusique, on désignera les phénomènes sonores, organisés volontairement, en temps de rituel, et se situant à la frontière du son musical et du signal bruit. " (C. Marcel-Dubois). Le passage d'une saison à l'autre s'accompagne de rites divers, parmi lesquels les sons jouent un rôle primordial ; manifestations sonores que l'on trouve aussi dans le cycle Carnaval-Carême : Le CharivariLa pratique du charivari semble très populaire, dans le pays niçois, en période de Carnaval, ainsi qu'en témoignent les textes relevés par l'historien Ch-A Fighiéra : les édits municipaux de 1539 et 1612 donnent des détails très précis sur l'organisation des charivaris par les Abbés des Fous (cf. A. Sidro, "Le Carnaval de Nice et ses Fous", ed. Serre). Cette coutume, qui se pratiquait souvent en Europe, pendant le cycle de Carnaval-Carême, avait lieu aussi en dehors de cette période (à l'occasion du remariage des veufs), ou bien pour des raisons de corruption morale ou administrative. Le rituel est toujours le même : il s'agit de se rendre sous les fenêtres de la victime élue et de provoquer un tintamarre, un charivari "à réveiller un mort". C'est ainsi que des récits pittoresques évoquent des charivaris, dans le Vieux-Nice, au siècle dernier par exemple. "Dès lors, on vit sortir de toutes les rues des hommes, des femmes et des enfants, frappant sur toutes sortes d'ustensiles de ménage, au son des conques marines et de grelots de mulets, chantant, sifflant, cassant des marmites et autres vieux vases, lançant des pierres aux portes et aux fenêtres…" (J.B. Toselli, Histoire de Nice). Une pratique qui a davantage persisté dans les villages du haut pays niçois que dans les rues du Vieux-Nice. Mais sur les corsi, l'on maintenait la tradition du langage sifflé (proche du persiflage), où les masques s'amusaient à "chiner" les passants, interpellaient "leurs victimes" sur leurs "écarts de conduite", en leur sifflant avec une voix de fausset "Va que ti connouissi". |