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| JARDIN PHILIPPE GIOVANNINI ♦ |
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06300 à l’angle de l’avenue Giacobi et de la rue Sorgentino Alias Commandant Souny Héros de la Résistance
Ce petit jardin de 655 m2 inauguré le 2 avril 1995 a été baptisé ainsi à l’occasion du cinquantenaire de la Libération. Car en effet, Philippe Giovannini, alias commandant Souny dans la Résistance, a eu le redoutable honneur de conduire l’insurrection qui devait libérer Nice de l’occupant. Le 24 août 1944 un comité insurrectionnel était créé comprenant divers responsables, des F.T.P.F., du P.C., de la C.G.T., des Milices patriotiques et de la Main-d’œuvre immigrée (M.O.I.). Réuni au palais Stella au n° 20 du boulevard de Cessole sous la présidence de René Houat, représentant du parti communiste français, il décide de placer l’état-major F.T.P.F. et l’ensemble du dispositif militaire disponible sous le commandement de Souny. Le 27 le comité se prononce pour déclencher l’insurrection le 28 août à 6 heures, en accord avec les autres groupements de résistance et notamment avec le comité d’action F.F.I. Ce choix tenait compte d’un certain nombre d’éléments dont l’effet de surprise n’était pas le moins important; il y avait encore la présence des Américains sur l’autre rive du Var, la démoralisation des troupes allemandes, l’attente de la population, des grèves insurrectionnelles déjà déclenchées ou en cours de déclenchement et surtout l’intérêt que la ville se délivre elle-même. Comme le dira plus tard le commandant Souny: « Nice s’est ainsi libérée et nous avons pu, de plus, éviter le risque de destructions que n’aurait pas manqué de provoquer une attaque classique par les chars et les canons alliés ». Philippe Giovannini était né à Sorbo Ocagnona (Corse) en 1908. En 1940 il fut arrêté par le gouvernement de Vichy comme délégué syndical C.G.T. à l’arsenal de Toulon où il était soudeur à l’arc, et interné dans divers camps dont Saint-Jean-de-Luz. Il s’en évada et rejoignit le maquis des Basses-Alpes. De nouveau arrêté en 1943 il s’évada à nouveau et vint dans les Alpes-Maritimes où il fut nommé commandant régional des Francs-tireurs Partisans français. Dès le début des opérations militaires sur le littoral varois il assuma la charge de tout l’appareil militaire et constitua son état-major. Après la guerre, Philippe Giovannini devint conseiller municipal de La Seyne en 1953, puis maire à partir de 1963. Il fut aussi député du Var de 1973 à sa mort survenue en 1989. Il était chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire. Nous devons l’essentiel de ces renseignements à notre ami et ancien voisin René Houat que nous remercions très vivement. Cet hommage mérité rendu à un résistant valeureux ne doit pas faire oublier que ce jardin avait préalablement été dédié au professeur de médecine, Maurice Dérot, né à Nice en 1901, mort à Paris en 1985. Niçois de souche, il avait fait ses études au lycée Masséna avant de se rendre à Paris à la faculté de médecine puis à l’Institut Pasteur. Ses recherches sur le diabète font autorité, membre de l’Académie de médecine, expert près de l’Organisation mondiale de la Santé. Il était commandeur de la Légion d’honneur. Profondément proche de sa petite patrie malgré ses voyages à l’étranger, il disait: paraphrasant Mistral: « Je suis Français parce que Niçois! ». Peut-être qu’un jour on lui dédicacera une voie de Nice pour que son souvenir soit sauvegardé.
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