
| |
|
| (Un seul mot • Utilisez la Recherche avancée pour retrouver une phrase ou plusieurs mots-clés. | |
| Rechercher |
MINES (ANCIENNES) |
|
Auteur : Gilbert MARI Des cimes du Mercantour aux rivages de la Méditerranée les gîtes minéraux sont nombreux dans le Comté de Nice et la plupart ont fait l'objet de recherches ou de travaux miniers Les premiers travaux remontent au Chalcolithique (2500 ans avant J.-C.). Localisés dans les gorges de Daluis (Roua) ils ont consisté à extraire du cuivre natif des parois vertigineuses qui dominent le Var. Plus tard, aux environs de l'an 800 avant notre ère, la mine de Vallauria, à l'entrée de la vallée des Merveilles, a fait l'objet d'une exploitation pour le plomb argentifère et il est fort probable qu'à la même époque les peuples ligures s'intéressèrent aux gisements de fer oligiste de Vens-col du Fer, près de Saint-Etienne-de-Tinée, de Chastel, près de Saint-Martin-Vésubie et du col Ferrière-Millefonts, près de Valdeblore A partir du IIIe après J.-C., les Romains vont extraire du cuivre de Cluchelier, à Valdeblore et de Clai, à Saint-Etienne-de-Tinée mais c'est avec les Sarrasins aux IXe et Xe siècles que l'exploitation des ressources minières prendra un réel essor. Le cuivre à Roure, le plomb argentifère à Chastillon et à Vallauria, le fer au col Ferrière feront l'objet de travaux significatifs L'histoire de ces exploitations se perd ensuite. Seuls, les seigneurs de Tende semblent poursuivre de manière épisodique les travaux de Vallauria En 1560 le duc de Savoie, Emmanuel Philibert, fait reprendre ceux de Cluchelier, à Valdeblore et de Salèse, dans le Boréon Vers 1740, le cuivre natif des gorges de Daluis, qui contient des teneurs en argent appréciables, est remis en exploitation. Dans le même temps les travaux s'intensifient à Vallauria. Une compagnie turinoise, puis le Comte Chauletti et, surtout, un certain Sébastien Grandis entre 1797 et 1817 développent l'exploitation. Un atelier de préparation mécanique, une fonderie et un village de mineurs sont établis. La mine emploie alors 150 ouvriers En 1822, le gisement de plomb de Péone fait l'objet de premières reconnaissances par puits et galeries. A Rimplas, les indices de cuivre de Charontes sont découverts Au milieu du XIXe siècle sous l'impulsion de l'ingénieur niçois Victor Juge et avec l'arrivée des Anglais qui investissent dans les sociétés minières, les recherches s'intensifient dans le haut-pays Le gouvernement sarde encourage ces initiatives et de nombreuses concessions sont accordées, notamment, en 1860, celles du Cerisier et de l'Hubac de Jourdan dans le dôme de Barrot pour le cuivre et celle de Saint-Pierre-de-Péone pour le plomb Le minerai de cuivre du Cerisier et celui des mines environnantes : Villaron (Auvare), La Nouguière (Rigaud), l'Hubac de Jourdan (Daluis et La-Croix-sur-Roudoule), Bancairon et Pont-des-Roberts (Guillaumes) est traité dans une usine installée à Léouvé sur la rive gauche de la Roudoule. L'activité minière atteint alors son apogée. En 1880, la mine du Cerisier occupe 230 ouvriers. Elle fournira 2500 t de cuivre métal avant d'être abandonnée en 1886. Par la suite, de nombreux indices de cuivre et, plus accessoirement de plomb, font l'objet de travaux miniers en amont de Saint-Etienne-de-Tinée De 1859 à 1867, d'importantes fouilles sont réalisées à Duranus et Lucéram sur des indices de sulfures d'arsenic Parallèlement au développement des mines métalliques, des lignites sont exploités de manière épisodique partout où le Trias présente quelques indices Avec la baisse des cours, la plupart des mines de cuivre cessent leur activité. Seule, celle de Cluchelier fonctionnera au ralenti jusqu'en 1901 Les recherches se poursuivent pour le plomb argentifère dans les vallons de Merlier (Isola 2000) et de Bramafan (Valdeblore). A Péone de nouveaux efforts sont consentis en vain et seule la minière de Vallauria apparaît prospère. La société Vieille Montagne puis la Negri sous le nom de Societa Elettro Mineraria et enfin la CIELI percent de nouvelles galeries. L'exploitation est alors concentrée sur la partie zincifère du gisement et une usine de traitement électrolytique est édifiée à Saint-Dalmas-de-Tende Après la guerre de 1914-1918, un regain d'intérêt se manifeste pour les mines d'arsenic de Lucéram et de Duranus et une usine de traitement à caractère expérimental est construite à proximité de cette dernière. Vallauria ferme définitivement en 1927 La guerre de 1939 voit la réouverture sporadique de quelques anciennes exploitations de lignite Les premiers indices d'uranium du Comté sont découverts, en 1954, par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières à Liouc près de Daluis. Quelques années plus tard, d'autres indices sont répertoriés en Haute Tinée et dans la Vésubie (Granges du Colonel à Belvédère) par le Commissariat à l'Energie Atomique, mais aucun d'eux ne sera exploité. Dans le même temps, de nouvelles expertises sont menées sur divers gisements de cuivre, plomb et zinc mais elles resteront sans suite Plus récemment, les mines de Duranus et de Roua vont connaître un regain d'intérêt sur le plan scientifique avec la découverte de nouvelles espèces minérales - duranusite à Duranus, gilmarite, wallkilldellite-Fe, rollandite, theoparacelsite, radovanite, rouaite, tillmannsite à Roua - qui font désormais référence à l'échelon mondial. |