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FRONT POPULAIRE |
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Auteur : Jean-Rémy BEZIAS Les Alpes-Maritimes, et plus particulièrement la ville de Nice, ont joué un rôle actif dans la genèse du Front Populaire. Le 12 février 1934, suivant les mots d'ordre nationaux, plusieurs milliers de manifestants de gauche, faisant taire leurs divisions, protestent à Nice contre les émeutes parisiennes du 6 févier. Le 19 février, un accord local est conclu entre la Région communiste et la Fédération socialiste, le « gauchisme » de cette dernière facilitant les choses. Même si l'accord n'a pas le caractère précurseur que lui attribue V. Barel*, il témoigne d'un réel désir d'unité, dans un département voisin de l'Italie fasciste. Le 31 mars, un comité de vigilance antifasciste est constitué à Nice Aux élections cantonales d'octobre 1934, pour lesquelles a été passé un accord national de désistement réciproque entre SFIO et PC, la gauche, et surtout le Parti communiste, enregistrent une poussée sans précédent dans l'ancien Comté sans obtenir d'élu. Les élections municipales de mai 1935 confirment cette poussée, sans toutefois l'amplifier : les notables locaux demeurent bien enracinés Le 14 juillet 1935, un grand meeting du Rassemblement populaire à Nice, sur l'Esplanade du Paillon aboutit, comme partout en France, à la prononciation du serment solennel du Front populaire, auquel se rallient en septembre les députés Paul Deudon* et Henry Torrès* La campagne électorale d'avril-mai 1936 se déroule dans un climat d'exceptionnelle tension, même si les incidents sont rares. A l'issue du scrutin, la droite demeure majoritaire dans l'ancien Comté et a, outre les confirmations de Jean Médecin* et Léon Baréty*, la satisfaction de voir Henry Torrès* être battu à Menton. Mais l'événement majeur a eu lieu dans la troisième circonscription de Nice, avec le triomphe du leader communiste Virgile Barel, fêté par 20 à 30 000 personnes, le 3 mai, devant le siège du Petit Niçois* Les grèves de mai-juin 1936 revêtent un caractère massif à Nice, où près d'un habitant sur dix a suivi le mouvement (23 606 grévistes). L'arrêt de travail le plus symbolique est celui des 1 100 employés des Galeries Lafayette, qui occupent les locaux. Menton est beaucoup moins touchée (159 grévistes, 0,9 % de la population). Les effectifs syndicaux explosent : la seule Union locale CGT de Nice compte 27 000 membres en 1937, presque trois fois plus que l'effectif total du département en 1934 A l'été 1936, les salariés en congé payé venus des autres régions de France sont accueillis par l'ATP (Association touristique populaire) contrôlée par le Parti communiste, qui s'efforce de traduire dans les faits le slogan de V. Barel sur la « Côte d'Azur, Crimée de la France » L'année 1937 est celle des déceptions. Les élections cantonales d'octobre n'apportent pas les succès escomptés par la gauche, qui n'a aucun élu dans l'ancien Comté Au total, la période du Front populaire, si elle n'a pas bouleversé les structures politiques et sociales locales, n'en a pas moins représenté une rupture par l'enracinement, qui s'avèrera durable, du Parti communiste, et la concurrence nouvelle ainsi apportée aux notables traditionnels. Bibliographie : Brot M., Le Front populaire dans les Alpes-Maritimes, Nice, Serre éditeur, 1988. |