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EZE (TRESOR D') |
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Auteur : Pascal ARNAUD A la fin du second empire, des travaux, menés dans la propriété, située à 200 m du village, sur la corniche, de M. Fighiera, alors maire d'Eze, conduisirent à la découverte fortuite de trois phiales d'argent décorés. Le contexte de la découverte demeure assez incertain. D'après Brun, notre seule source d'information, ils auraient été découverts en liaison avec des maçonneries portant des traces de feu, à proximité de céramique ancienne et d'ossements d'animaux. Entrés en possession du baron Reillère, qui s'en défit en 1890, ils furent acquis en 1891 par le British Museum, où ils se trouvent toujours (Dept of Greek and Roman Antiquities, GR 1891.6-27.3 ; 1891.6-27.4 ; 1891.6-27.5). Des reproductions galvanoplastiques se trouvent au Musée de Cimiez Ces vestiges furent alors interprétés comme les restes d'un temple (maçonneries) et de sacrifices (ossements) et comme une trace des relations étroites entre l'oppidum supposé d'Avisio et les Grecs réputés installés à Monaco* (sanctuaire d'Héraklès Monoikos) Grecs, ces vases le sont assurément. Deux sont figurés et représentent le triomphe d'Héraklès, l'un réalisé à cire perdue, l'autre au repoussé et par emboutissage. Le troisième est décoré d'un simple motif végétal. La nature des objets (phiales à omphalos central) et le motif traité (l'apothéose d'Héraklès) pourraient faire penser au culte voisin d'Héraklès à Monaco*. Les phiales représentant l'apothéose d'Héraklès s'inscrivent néanmoins dans une série importante d'objets largement imités dans la céramique à vernis noir d'Italie du sud et d'Etrurie. Ces vases d'argent, comme leurs imitations, paraissent avoir leur origine en Italie. Ils sont apparemment contemporains et se situent tous trois, comme leurs imitations, à la charnière des IVe-IIIe s. Les phiales d'argent se rencontrent majoritairement dans le mobilier funéraire, de Vix jusqu'en Catalogne, y compris pour des objets présentant les mêmes registres figurés. L'usure importante d'une au moins de ces pièces suggère que la date d'enfouissement est sensiblement postérieure à la date de fabrication Dans ces conditions, et même s'il est difficile de se prononcer eu égard à la pauvreté des informations relatives au contexte de la découverte, la présence de mobilier céramique, la synchronie des vases et leur association usuelle avec un contexte funéraire, pourraient plaider en faveur d'une interprétation funéraire plutôt que cultuelle de cette découverte. Nous serions alors en présence sinon d'une tombe princière, du moins d'une ou de plusieurs tombes de chefs indigènes immédiatement antérieures à la création du Mont-Bastide* voisin. Une découverte analogue de vases d'argent porteurs d'une dédicace en gallo-grec au chef du clan est rapportée par Peiresc à Vallauris (cf. Lejeune) et semble provenir d'un contexte analogue. Bibliographie : Painter K., « Le trésor d'Eze », dans Trésors d'orfèvrerie gallo-romains, Catalogue d'Exposition, Paris, réunion des musées nationaux, 1989, p. 56-90. ‚ Brun Fr., « Description des patères trouvées à Eze (Alpes-Maritimes) », Annuaire de la Société des Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes, 1870, p. 1-4. ‚ Lejeune M, Recueil d'inscriptions gauloises, Paris, Gallia, suppléments n° 42, 1985, p. 414-418. |