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Eynaudi Jules, dit Juli |
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Nice, 6 mai 1871-14 septembre 1948
Auteur : Rémy GASIGLIA Ecrivain d'expression nissarde. Né d'une mère originaire de la vallée de la Roya et d'un père tailleur originaire de Savigliano en Piémont, il travaille dès 1886 à L'Eclaireur de Nice comme typographe puis comme correcteur, avant d'entrer en 1907 à la Bibliothèque Muni-cipale, où il terminera sa carrière comme rédacteur principal en 1939. Ayant fait siens les idéaux félibréens, il décide de pratiquer, au sein du « bon combat pour le maintien du parler nissart », « l'action directe du théâtre ». Il fait donc créer, le 7 juillet 1901, Lou Cagan-cio, comédie en deux actes et en prose, par la troupe d'amateurs à laquelle il appartient, les Amis de la Jeunesse. Son choix d'appliquer au dialecte niçois la graphie mistralienne fait scandale, mais il est encouragé par le capoulier du Félibrige, le commandant Gros-Long (Pierre Dévoluy), qui est en garnison à Nice, et par Frédéric Mistral lui-même. En 1902, Eynaudi adhère officiellement au Félibrige. L'année suivante, il fonde L'Acadèmia Rancher et L'Armanac niçart, imité de L'Armana prouvençau. La revue fonctionne sous sa direction jusqu'en 1914, puis de 1920 à 1922. Eynaudi y publie des vers et des récits en prose, sans cesser d'écrire des comédies (Lou Terno, 1905, Misè Pounchoun, 1910). En 1911, il lance avec Paul Trachel l'éphémère Calen, antoulougia niçarda illustrada destinée à diffuser en feuilleton des textes littéraires dialectaux anciens. Il revient ensuite au genre dramatique avec une comédie en deux actes et en vers, Lou Retour de Pierrot, créée en 1922, quelques saynètes (Una Bouona plaça, 1924). Il écrit également des récits et des poèmes publiés en recueil (Dapé dòu fouguèiroun, 1926) ou à partir de 1928 dans L'Armanac nissart, et se consacre à l'étude du dialecte, faisant paraître en fascicules, de 1931 à 1938, son Dictionnaire de la langue niçoise (interrompu au mot paraula). Directeur de revue, conteur, poète et dramaturge, Eynaudi reste comme un peintre réaliste de la vie quotidienne du Vieux-Nice, un auteur soucieux de pureté linguistique et de rigueur graphique, un défenseur de la provençalité du nissart et un inlassable militant de la cause d'oc. Bibliographie : Wallis Jean et Cappatti Louis, Jules Eynaudi au « Club des Dix », Nice, 1935. ‚ Cappatti Louis, Jules Eynaudi et le dialecte niçard, Nice, 1937. ‚ Gasiglia Rémy, Le Théâtre nissart aux XIXe et XXe siècles. Etude historique, dramaturgique et thématique d'un phénomène culturel de langue d'oc, thèse d'Etat, Université de Nice, 1994, tome I, pp.320-330. |