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Dictionnaire historique et biographique

EMIGRATION


Auteur :
Hervé BARELLI

Il ne s'agit pas ici de traiter du seul thème de l'émigration, au sens politique induit par les événements de la Révolution française, et dont on sait qu'il est extrêmement ambigu quand on le rapporte aux Niçois. Pour ne pas nous attarder sur ce chapitre, exactement traité par ailleurs, nous signalerons simplement que les quelques Niçois émigrés jusqu'en Russie pour rester fidèles aux Savoie et introduits dans la familiarité du tsar, comme le général Alexandre Michaud*, sont probablement, et involontairement, à l'origine de l'existence de liens privilégiés entre Nice et la Russie. En revanche, nous tenterons une approche rapide de ce thème à travers quelques pistes de réflexion

Une émigration économique niçoise est concevable, au regard de conditions d'existence difficiles dans un milieu naturel, montagnard et maritime pauvre et inaccessible. Au hasard de recherches extérieures, et de regards croisés, on peut découvrir ainsi, au XVe siècle, des marchands niçois aux Canaries, ou au XVIe siècle, des Barralis de Lucéram installés à Palerme. Plus tard, au XIXe, par le biais de moyens de recherche modernes, on a pu retracer le parcours de familles dont les noms ne laissaient aucun doute sur l'origine niçoise, et qui se trouvent aujourd'hui établies au Nouveau Monde. De la même manière, par quelques témoignages encore à approfondir, mais sérieux, l'histoire des Niçois établis dans les colonies françaises reste à faire. Nous évoquerons enfin pour mémoire les voyageurs-explorateurs connus que sont frère Marc*, Hercule Florence ou Raymond Pacho*

L'émigration politique caractérise en revanche deux périodes de notre Histoire : les moments-clés que constituent la dédition de 1388 et l'annexion de 1860.

Un double parallèle peut être établi entre ces deux temps

Il s'impose d'abord en ce qui concerne les conséquences humaines du changement de souveraineté. Les individus ou les familles les plus engagées dans le camp qui a perdu le combat vont quitter Nice et sa région pour s'installer, qui en Provence après 1388, qui en Italie après 1860. Dans le premier cas, ce seront essentiellement les féodaux du Haut-Comté qui, fidèles à la Maison d'Anjou, suivront ce chemin. Ceux qui bénéficient de ces départs sont les Grimaldi de Beuil, recueillant nombre de fiefs. Eux-mêmes, pourtant, jouant de la proximité de la frontière, tenteront à plusieurs reprises de se soustraire à l'autorité des Savoie, comme les Lascaris* de Tende. Les uns et les autres y perdront leurs biens. Il en ira de même, sur le fond, pour la noblesse niçoise qui conserve sa fidélité à la Maison de Savoie, dans le second cas, et poursuit ainsi ses carrières administrative ou politique dans le nouveau royaume d'Italie, souvent avec succès

Il est surtout intéressant en ce qui concerne les conséquences politiques et sociales du changement de souveraineté et des départs qu'il engendre

D'une part, créant un vide, en général dans l'élite locale, il favorise l'émergence d'une nouvelle élite, créée par le nouveau souverain, qui s'assure ainsi de la fidélité de ses nouveaux territoires. La noblesse niçoise qui s'exile en Italie après 1860 est en fait une bourgeoisie qui doit ses titres aux Savoie, et ses fiefs aux confiscations opérées le plus souvent au XVIIe au détriment des Grimaldi de Beuil, lesquels les tenaient des confiscations dirigées contre les nobles enfuis en Provence en 1388. C'est un des motifs de fond de sa fidélité. A cette élite administrative et politique succédera dans le vide que crée son émigration après 1860 une autre, apparentée ou bourgeoise, celle des Borriglione*, Raiberti* et Médecin*, qui, redevable de son élévation à la France puis à la République, en sera les garants

D'autre part, ces deux renouvellements en profondeur des élites modifient essentiellement les conditions politiques locales. L'événement de 1388, puis ses suites au XVIe-XVIIe siècle (l'élimination des Lascaris de Tende et des Grimaldi de Beuil et l'affirmation de l'absolutisme des Savoie) fait disparaître de la scène politique niçoise la noblesse chevaleresque la plus ancienne et ouvre le pouvoir à la bourgeoisie urbaine. Celui de 1860 reproduit ce schéma -la noblesse de robe remplaçant les chevaliers médiévaux, et le commerce remplaçant la bourgeoisie urbaine- et, de plus, décapite la gauche libérale niçoise qui, parce qu'elle a pris le parti d'un gouvernement sarde parlementariste et anticlérical contre un Empire français conservateur et catholique, le suit en Italie, obérant et pour longtemps toute présence politique du même ordre à Nice

Enfin, il faut signaler une particulière forme d'émigration, qui tient à ces deux changements de souveraineté, celle vers les centres du pouvoir

Après 1388, il a fallu deux siècles et demi pour que la présence de Niçois à Turin, dans les cercles du pouvoir et de l'esprit, soit suffisamment importante pour devenir un élément politique d'appartenance et de promotion des intérêts régionaux. A compter du milieu du XVIIe siècle, où les exemples se multiplient (Gioffredo*, Caissotti*, Lascaris*, Papacino, les Thaon de Revel* père et fils, etc...), Nice dispose de défenseurs attentifs à la Cour et dans les ministères qui demeureront jusqu'aux années 1850. Les événements de 1860 ont irrémédiablement brisé cette présence. Depuis, dans un Etat bien plus vaste, Paris a remplacé Turin. Mais rares sont les représentants des intérêts locaux, de stature nationale, qui ont pu parvenir à les y faire valoir, à reconstruire un agenda utile en s'appuyant sur une émigration niçoise suffisante et présente dans les sphères du pouvoir économique et politique

Il est vrai que l'annexion ne date que de cent quarante ans.

Bibliographie :
Barelli Hervé et Rocca Roger, Histoire de l'identité niçoise, Nice, Serre éditeur, 1995.

  

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