
| |
|
| (Un seul mot • Utilisez la Recherche avancée pour retrouver une phrase ou plusieurs mots-clés. | |
| CHEMIN DES SEULES |
|
|
|
06200
du chemin de Candéu au chemin de Saquier, quartier Saint-Roman de Bellet
Cette appellation mal transcrite vient du mot niçois « séoula » par lequel les paysans désignaient des bestioles piquantes et incommodantes sévissant l’été dans ce quartier. Voici ce que dit la tradition. Une statue de la Vierge, Notre-Dame de Bellet se trouve depuis 1830 dans l’église paroissiale. Elle est très ancienne et provient d’une chapelle détruite de la famille noble de Bellet qui se trouvait dans un vallon appelé « lu très fuont » (les trois sources). Cette statue était appelée « La Vierge de li Séoula » (ou Séhoula, ou Sèula ou Seulles). On faisait une procession solennelle le troisième dimanche après Pâques, tous les ans. Avec de l’huile de la lampe qui brûlait devant la Madone, on faisait des onctions sur les paupières et les plaies causées par les « sèoula ». À noter que sur l’autre rive du Var existe aussi une chapelle de Notre-Dame de Séoules, déformée en Selves, pour les mêmes raisons. En revanche, nous avons cherché à identifier les insectes en question. De fil en aiguille ou plutôt de page en page, à partir du livre de Paul Canestrier (Fête populaire et tradition religieuse en pays niçois), en consultant le dictionnaire Niçois-Français du chanoine Georges Castellana qui nous a indiqués « séoula » ver de Médine, filaire, et nous a renvoyés aux « Annales du comté de Nice » où Eugène Ghis a bien confirmé, Larousse à l’appui, qu’il s’agissait de parasites des vertébrés (animaux d’élevage) absorbés dans l’eau douce pouvant occasionner des troubles graves. Nous avons nous-mêmes observé la présence de ces vers filiformes qui se lovaient le long de notre fil de pêche dans la Gordolasque en cours d’action de pêche à la truite. En fait n’oublions pas que les sources et les citernes étaient jadis les seules eaux consommées sur les collines de Nice. La Madone était donc invoquée non pour des piqûres mais pour guérir des troubles d’estomac occasionnés par l’absorption accidentelle d’une « séoula ». Nous retiendrons une nouvelle preuve de la prépondérance du culte de la Vierge dans le comté de Nice. Nos ancêtres lui ont consacré de tout temps un nombre important de chapelles, d’autels et d’oratoires aux vocables les plus touchants. Tel est notre patrimoine culturel et cultuel.
|