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CARREFOUR DU VINGT-HUIT AOÛT ♦
06100 au croisement des boulevards Gambetta, de Cessole, Joseph Garnier
Appelé communément le « Passage à niveau » à cause de la voie du chemin de fer de Provence qui le traverse, ce carrefour a pourtant mérité son appellation actuelle car elle commémore, à l’endroit où la bataille fut la plus intense, la libération de Nice, le vingt-huit août 1944. Une plaque commémorative à l’un des angles du carrefour rappelle le sacrifice des résistants tombés ce jour-là à cet endroit. Je (R.I.) connaissais particulièrement l’un d’eux, père de l’un de mes camarades d’enfance de ce quartier proche de Saint-Étienne où je suis pratiquement né et où j’ai passé ma jeunesse. Un mémorial en forme de pyramide a été érigé à un autre angle du carrefour récapitulant les noms des morts pour la libération, en déportation, au maquis et pour faits de Résistance. Après le débarquement des troupes alliées en Provence le 15 août 1944, l’espoir d’une libération prochaine grandit à Nice, toutefois endeuillé à l’annonce de l’odieux assassinat des patriotes à l’Ariane. Dès le 20 août l’idée d’une insurrection est lancée par différentes organisations avec appel par voie de tracts à la grève insurrectionnelle. Mais les troupes françaises se dirigent vers Toulon et Marseille et la libération de l’est de la Côte est confiée aux Américains. Le 25 ils sont à Cannes et le 26 à Antibes, sans coup férir ils arrivent sur le bord du Var. Puis l’on apprend qu’ils comptent contourner Nice et couper la retraite des troupes allemandes par le nord et le nord-est. À Nice, c’est la déception. Après deux nuits de veille, le vingt-sept, les maquisards avec le Comité d’insurrection comprenant des représentants du Parti communiste et d’autres patriotes niçois décident de passer à l’action, bravant la menace du commandant allemand de la garnison de Nice, le général Nikelmann qui avait dit au secrétaire général de la préfecture que si les « terroristes » bougeaient, il ferait mettre le feu à la vieille ville et bombarder toute l’agglomération par les forts des environs. La bataille s’engage, folle, inégale en nombre 350 contre 2000 Allemands, mais aussi en équipement car les patriotes ne sont armés que de pistolets et de revolvers. Les plus sérieuses opérations ont lieu au fameux carrefour, à la place Gambetta (actuelle Général De Gaulle), à la villa Thiole, à la place Garibaldi, dans le Vieux-Nice, au carrefour Thiers-Gambetta, etc. Bien entendu, un peu partout dans d’autres endroits de la ville, on tire aussi. À 18 heures, tout est terminé mais le quartier nord est bombardé et le port est détruit dans la soirée tandis que les Allemands s’en vont, non sans tirer sur leur passage. Le lendemain, la ville se réveilla fleurie de drapeaux français puis le premier parachutiste apparut au P.C. des opérations dans un hôtel du boulevard Victor-Hugo et le 30 les Américains entrèrent dans la ville. Je (R.I.) n’oublierai jamais la traversée de l’avenue le vingt-huit août, où avec mes camarades affectés aux postes de secours, nous avons transporté deux blessés à la clinique des Augustines, en brandissant un drapeau blanc, ni la liesse du lendemain dans ce fameux P.C. de l’hôtel en question quand les premiers Américains arrivèrent; je n’oublierai jamais non plus, hélas, ces pauvres gens entassés à la hâte dans les classes du lycée Masséna, en attendant d’être « épurés ». Nombreux étaient ceux qui se demandaient pourquoi ils étaient là. Nous rendons ici hommage aux quarante patriotes tombés et aux deux cent quatre-vingts blessés au cours de cette journée libératrice du vingt-huit août 1944, à quelque groupe, à quelque obédience qu’ils aient appartenu. Ils ne formaient alors qu’un seul cœur, une seule volonté, nous y associons le souvenir de nombreux Niçois, de souche ou d’adoption, qui ont été assassinés pendant l’occupation et ceux qui sont morts en déportation. Bien entendu cet article ne prétend pas être exhaustif; de nombreux articles de journaux de l’époque et des ouvrages récents peuvent être consultés pour une plus grande information.
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