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BOULEVARD, PLACE, RUELLE, JARDIN SAINT-ROCH ♦
06300 • de l’avenue des Diables Bleus à la rue Chanoine Bailet (ancien boulevard Central de Saint-Roch) • de la rue Humbert Ricolfi au boulevard Saint-Roch • de la rue Joseph Albert Bovis à la rue Chanoine Albin • angle avenues Denis Semeria et Fornero Menei
Ici également c’est de tout un quartier qu’il s’agit et pas seulement de ses artères quoiqu’importantes et aménagées selon un plan d’urbanisme. L’appellation est celle de l’église dédiée à ce saint qui est l’un des protecteurs contre toutes les épidémies mais surtout contre la peste avec saint Sébastien. Saint Roch serait né et mort à Montpellier (v. 1295? - v. 1327?). La légende veut qu’au cours d’un pèlerinage à Rome, ayant soigné les pestiférés, il contracta cette terrible maladie. Se retirant dans un bois, il y fut sauvé par son chien qui lui apporta de la nourriture. Ce qui a donné lieu à une expression pour désigner deux inséparables: « Se quiton pas mai que San Roc e lou siéu can ». L’iconographie habituelle le montre toujours en costume de pèlerin montrant une plaie à la cuisse; son chien près de lui tient un pain dans la gueule. Il est fêté le 16 août. Dans le pays niçois on lui a dédié comme herbe de Roch, la fameuse roquette, « riqueta » en niçois, celle que l’on mélange à diverses feuilles potagères pour faire la délicieuse salade de « mesclun », régal des Niçois. Malencontreusement, cette plante au goût si apprécié, croissait en abondance dans les anciens cimetières, d’où l’expression populaire pour parler de quelqu’un dont le mauvais état de santé laisse présager une fin prochaine: « S’en va ai riqueta… » Quant au quartier, la chapelle fut érigée ou reconstruite en 1631 au cours d’une grande peste qui ravageait la ville (sept mois et 10000 victimes, sous toutes réserves) et il fallut d’urgence aménager un cimetière pour les morts, avec des tranchées arrosées de chaux vive, à l’extérieur de la ville. Mais un siècle et demi plus tard la chapelle s’avérant insuffisante, une église plus grande fut élevée en 1790 comme l’indique l’inscription sur la façade. Puis elle a été restaurée en 1892. Pour le deux-centième anniversaire de sa construction elle a été consolidée et surtout repeinte en respectant la décoration d’origine, ce que le fresquiste Guy Ceppa s’est attaché à faire, avec ses couleurs et surtout ses trompe-l’œil, technique dans laquelle il excelle. C’est désormais un vrai bijou. Jusqu’à la veille de la Première Guerre mondiale, ce quartier, aux terres alluviales très fertiles et arrosées par « lou Sourgentin », était célèbre pour ses plantations d’orangers et ses potagers, mais les propriétés étaient toutes entourées de hauts murs, peut-être à cause du souvenir apeuré des pestiférés. Saint Roch est aussi patron des invalides. Dans notre vieux Comté, la croyance en la protection de saint Roch est tellement vivace qu’il n’est point de village sans une chapelle dédiée à ce saint ou même un oratoire ou une statue dans l’église. Saint Sébastien lui « tient la main » si l’on peut dire et l’on trouve souvent une chapelle à ce saint faisant pendant à celle de saint Roch à l’autre extrémité du village.
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