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BOULEVARD DE L’OBSERVATOIRE ♦
06300 du boulevard Bischoffsheim à la Grande Corniche (ancienne route de Gênes)
Ce boulevard est ainsi dénommé parce qu’il mène à l’observatoire du mont Gros construit par Raphaël Louis Bischoffsheim (1823-1906), un richissime banquier hollandais, naturalisé français, féru d’astronomie (voir à ce nom). Il fut bâti à partir de 1881 et inauguré en 1887. Charles Garnier, architecte des opéras de Paris, de Monte-Carlo et de Lille entre autres, a participé à sa construction ainsi que Gustave Eiffel pour la grande coupole pesant 100 tonnes. L’observatoire a été donné par Bischoffsheim à l’Université de Paris en 1899 mais depuis 1972 il a été rattaché à l’université de Nice. Il occupe actuellement un grand nombre de personnes. L’ensemble des unités techniques et administratives occupe dix-sept bâtiments. On y trouve particulièrement: – dans le bâtiment Bischoffsheim, un grand équatorial, lunette de 18 mètres de long et 76 centimètres de diamètre, qui fut longtemps l’une des plus puissantes du monde, – dans le bâtiment Charlois, un petit équatorial, lunette de 9 mètres de long et 50 centimètres de diamètre; ces deux équatoriaux sont utilisés pour étudier et rechercher les étoiles doubles, une spécialité de l’observatoire de Nice, – dans le bâtiment Patry, un équatorial coudé, instrument destiné à l’étude des atmosphères stellaires, – dans un bâtiment non baptisé, un astrographe double, instrument qui sert à étudier et à rechercher les astroïdes et les comètes. De nombreuses planètes et nébuleuses ont été découvertes par cet observatoire mais aujourd’hui par suite de la pollution du ciel de Nice les observations du ciel se font ailleurs, au plateau de Calern ou à l’étranger Hawaï et Chili en particulier. Le professeur Chrétien, inventeur de l’hypergonar, a travaillé comme astronome à l’observatoire de Nice. Avant 1918 une succursale de l’observatoire existait sur le mont Mounier d’où les observations étaient transmises par téléphone. L’astronome responsable en était M. Maynard à qui l’on doit également une série de clichés sur la haute vallée du Var qui furent édités en cartes postales. Une mention spéciale doit être faite pour la direction de M. Pecker de 1962 à 1968 qui relança l’activité de l’observatoire et lui donna une nouvelle orientation. Tout en continuant à s’occuper des corps célestes, grâce à la remise en état des instruments d’observation astronomique, l’observatoire modernisé, doté d’appareils de recherches et d’ordinateurs scientifiques, est maintenant spécialisé dans la photographie électronique et l’optique, considéré à cet égard comme laboratoire national. Il est orienté vers la recherche fondamentale en astrophysique théorique comme par exemple les recherches sur l’énergie thermonucléaire du soleil. C’est un formidable centre de calcul. L’observatoire de Nice est le seul observatoire centenaire qui soit toujours en activité grâce à un heureux mariage entre la science et la technique. De plus, ses dirigeants entendent poursuivre leur effort de vulgarisation au sens noble du terme par divers moyens, journées portes ouvertes, stages, colloques, rencontres avec des astronomes amateurs, expositions. Depuis 1988 l’observatoire du mont Gros fait partie de l’Observatoire de la Côte d’Azur (O.C.A.) par sa fusion réussie avec le Centre d’études et de recherche géodynamique et astronomique (C.E.R.G.A.) basé sur le plateau de Calern dans le haut pays grassois où se trouvent les instruments d’observation les plus pointus comme le laser-lune qui permet de calculer les variations de distance terre-lune à cinq centimètres près! Un troisième site, Roquevignon, accueille l’administration et d’autres laboratoires. Cet ensemble occupe 224 chercheurs, ingénieurs techniciens et administratifs sous la direction de M. de Freitas Pacheco. On n’y raisonne plus en terme de découvertes mais en se confrontant avec l’inconnu en terme de contribution à la science. Maintenant la science-fiction rattrape la réalité. Les observations se font à l’aide de télescopes embarqués sur des satellites tels que Hipparcos, Soho, par exemple, étant précisé que de telles réalisations ne peuvent se faire que par une coopération entre l’Europe et les États-Unis. L’observatoire est également partie prenante à une réalisation qui verra le jour entre 2001 et 2010 lorsque fonctionnera dans la Cordillère des Andes l’instrument de prospection du ciel le plus puissant du monde, 7 télescopes interconnectés dont les 4 plus grands équivaudront à un appareil de 16 mètres de diamètre pour mieux percer le mystère des étoiles les plus lointaines.
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