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AVENUE SAINT-JEAN-BAPTISTE ♦
06000 de la place Jean Moulin 1 à la rue Désiré Niel (ancien quai du même nom)
À une époque reculée, le long de la rive droite du Paillon, fut établi un hospice dit de Saint-Antoine (le pont Vieux s’appelait aussi pont Saint-Antoine) à côté d’une petite église dédiée à saint Jean-Baptiste et gérée par les moines Augustins déchaux vers 1632. Leur couvent est devenu lycée sous l’Empire, puis collège des Jésuites après 1814 et enfin le lycée Masséna actuel reconstruit entièrement de 1909 à 1932. Le quartier entier prit le nom de Saint-Jean-Baptiste mais les Niçois de la vieille ville l’appelaient aussi la « Bourgada » ou quartier hors-les-murs. Pendant la Révolution le quartier s’appela faubourg de la Liberté, le quai Saint-Jean-Bapstiste (devenu avenue depuis la couverture du Paillon) s’appela quai de la Délivrance. Plus tard, on l’appela aussi quai de la place d’Armes lorsque la place fut aménagée en 1829 avant d’être appelée Quinzième Corps en 1920. C’est sur cette avenue (à l’époque sur ce quai) qu’a été construite à partir de 1835 l’église du Vœu, dite aussi de Saint-Jean-Baptiste, pour remercier la Vierge Marie d’avoir enrayé l’épidémie de choléra qui sévit à Nice à partir de juillet 1832. L’église dédiée à Notre-Dame des Grâces a été bâtie sur des plans de l’architecte Vernier, sous l’épiscopat et grâce aux encouragements de Mgr Dominique Galvano (1833-1855). Malgré cette nouvelle dédicace, celle de Saint-Jean-Baptiste a été conservée tant elle est vivace dans la tradition du pays niçois. Le 24 juin est en effet une grande fête, si bien que le mois de juin se dit en niçois « lou mes de san Jouan », parce qu’elle commémore à la fois le précurseur du Christ, « San Jouan lou batejaire », Saint-Jean le Baptiste, qui fournit le thème de l’eau par l’utilisation du Jourdain, mais aussi le solstice d’été avec la puissance maximale du soleil d’où le thème du feu, des feux de la Saint-Jean qui purifient, préservent des maladies contagieuses et de la gale. Saint Jean a des pouvoirs très étendus, il protège la santé des enfants, les herbes cueillies le jour de la Saint-Jean composant un certain bouquet sont médicinales. La lavande en niçois s’appelle le « San jouan » et quand une personne éternue on lui dit « San jouan! ». Saint Jean est le patron principal des ordres monastiques, des Pénitents et des tailleurs. L’Église honore aussi le 29 août le souvenir de la mort de saint Jean décapité en 28 à Macheronte (Palestine) par Hérode Antipas, à la demande de Salomé, fille d’Hérodiade, qui vivait en adultère avec Hérode. L’art représente le Précurseur tantôt en prophète du désert vêtu de la tunique en poil de chameau, tantôt portant un agneau crucifère, ou encore portant une croix en roseau ou sa tête coupée. « Se au mes de san Jouan de tempié noun farà, de frument lou granié fouòrça s’emplisserà. » (S’il n’y a pas de mauvais temps en juin le grenier sera rempli de froment).
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