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AVENUE, IMPASSE DE SAVOIE ♦
06000 de l’avenue de l’Arbre Inférieur à l’avenue des Arènes dans l’avenue de Savoie 37 ex 27, sans issue
Il était très opportun d’avoir à Nice une voie portant le nom de cette belle province de Savoie qui, au cours de plusieurs siècles à partir de 1388 sous Amédée VII le Rouge, a eu le même destin que le comté de Nice, lequel s’était placé volontairement, à partir de cette date, sous la souveraineté de la Maison de Savoie. Cette situation a pris fin en 1860, autant pour la Savoie que pour le comté de Nice, lorsqu’à la suite des traités passés entre les dirigeants, les populations ont quasi unanimement opté pour la France. Même éclipse de souveraineté savoisienne pour les deux territoires, rattachés à la France sous la Révolution et le Premier Empire, de 1792 à 1814. L’ascension de la Maison de Savoie a été remarquable. Ses origines sont aussi lointaines que celles des Capétiens. Jusqu’au XVe siècle et depuis un certain « Humbert Blanchemain », héritier du royaume de Bourgogne, qui portait déjà le titre en l’an Mil, dix-huit comtes de Savoie se sont succédé. En 1416, Amédée VIII le Pacifique, fils du comte Rouge, fut élevé par Sigismond, empereur du Saint-Empire, au rang de duc. Trois siècles plus tard, Victor-Amédée II, quinzième duc, qui avait lutté contre Louis XIV, de par le traité d’Utrecht (1713) devint le premier roi d’abord de Sicile, possession qu’il dut échanger en 1718 par le traité de Londres contre la Sardaigne. Désormais on parlera des États sardes qui comprennent la Savoie, le Piémont, le comté de Nice et la Sardaigne. Cette expression, normale en soi, a été la cause jusqu’à nos jours de beaucoup de confusion. Enfin, c’est toujours un prince de la Maison de Savoie, Victor-Emmanuel II, huitième roi de Sardaigne, qui devint en 1861 le premier roi d’Italie, grâce en partie à l’aide de Napoléon III. Il convient de souligner sans relâche que cette famille, française par ses origines et par sa langue, a conservé sa cour à Chambéry jusqu’au milieu du XVIe siècle et qu’en 1388, c’est bien à un prince français que Nice s’est donnée. Mais au XVIe siècle en portant sa capitale à Turin, le duc Emmanuel-Philibert fera un choix capital pour l’avenir de la dynastie. Désormais, c’est de l’autre côté des Alpes que va se jouer le destin des souverains savoyards, tout en gardant des possessions à l’ouest des Alpes, outre la Savoie, comme la Bresse, le Bugey et le comté de Nice. C’est sous son règne que Nice se verra imposer l’italien comme langue officielle et pour trois siècles, un sort politique tout différent de celui que ses notables avaient choisi en 1388. Il n’empêche que lorsque l’aboutissement de cette politique ultramontaine se réalisera en 1861 par la fondation du nouveau royaume d’Italie, les Niçois comme les Savoyards étaient devenus français depuis un an. Il faut savoir qu’avant 1861 le mot Italie désignait un territoire géographique composé politiquement d’une mosaïque d’États indépendants: Piémont, Milanais, Gênes, Venise, Toscane, Deux-Siciles, États pontificaux, etc. C’est à l’initiative du ministre Cavour que se concrétisera la grande entreprise de l’unification de l’Italie en tant que nation, dont Nice et la Savoie ne feront pas partie. Donc leurs populations n’ont jamais été italiennes, ce sont au contraire les Italiens du nouvel État qui vont être dirigés jusqu’en 1946 par des souverains de la Maison de Savoie d’origine française! Alors que l’on veuille bien cesser cette rengaine stupide que l’on entend même de la part de certains animateurs de télévision: « Quand Nice était italienne!… ». Que nous sachions, on ne l’entend jamais à l’égard de nos amis savoyards. Et que l’on révise à bon escient certains livres scolaires qui continuent de véhiculer des erreurs historiques graves! Une énorme pierre presque cubique qui se trouvait dans le jardin du monastère de Cimiez présente la particularité intéressante de comporter deux attributs héraldiques de la Maison de Savoie: les nœuds ou lacs d’amour (un lacet disposé en huit) adoptés par Amédée VI au XIVe siècle figurant l’infini c’est-à-dire la pérennité de la dynastie dans l’espace et dans le temps, et la devise FERT qui en latin signifie « Il supporte ». On considère aussi que ce sont des initiales qui se développent diversement; ou bien « Fortitudo ejus Rhodum ternuit » (sa valeur a sauvé Rhodes), soit plus prosaïquement « Frappez, Entrez, Rompez tout ». Cette pierre est un vestige d’un obélisque offert à Charles-Félix par les Juifs de Nice en 1826. Il se trouvait à l’entrée du Pont Neuf sur l’emplacement de l’actuelle place Masséna. Lacs d’amour et devise se retrouvent sur tous les portraits des souverains savoyards. La pierre a été remisée dans le petit musée lapidaire de la Loge, rue de la Préfecture. Nous ne pouvons passer sous silence le retour des descendants de la Maison de Savoie en Italie, leur patrie depuis 1861, en cette année 2003, après un long exil, depuis 1946.
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