
| Nice : la mémoire du XVe Corps |
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| Écrit par GC (introduction) et Paul Isoart (historique) |
| Mardi, 08 Novembre 2005 01:00 |
En marge des cérémonies du 11 Novembre Chaque année, à l'approche du 11 novembre, la France tout entière remplit son devoir de mémoire à l'égard de tous ceux qui ont perdu la vie dans cette épouvantable boucherie que fut la Première Guerre Mondiale. Les sept ou huit poilus encore vivants seront honorés comme il se doit et dans toutes les communes de France, une gerbe, une lecture de la trop longue liste des victimes et une sonnerie "Aux Morts !" occuperont quelques minutes d'une journée commémorée depuis quatre-vingt six ans !Nice, Antibes, Toulon, Marseille, Aix et toutes les villes de Provence ont payé elles aussi un énorme tribut, encore alourdi, dès les premiers jours de la guerre, par l'affaire du XVe Corps... Pour sauver la réputation d'un ministre et d'un général, on n'hésita pas à jeter l'opprobre sur les soldats venus du Midi de la France et incorporés en Lorraine dans le XVe Corps d'Armée. L'accusation infamante de lâcheté devant l'ennemi s'étendit à tous les Méridionaux, combattants ou non, jusqu'à ce que la supercherie éclate et que les fantassins et les chasseurs alpins du Quinzième Corps retrouvent leur honneur... en 1920. 3851 soldats et officiers ont succombé les 19 et 20 août 1914. Dès la déclaration de guerre, en août 1914, les unités du XVe Corps d’Armée, régiments d’infanterie et bataillons de chasseurs alpins, quittent leurs garnisons des Alpes-Maritimes pour rejoindre les positions qui leur sont affectées, en Lorraine. Elles participent à l’offensive, voulue par l’Etat-major, qui de la frontière belge à l’Alsace doit assurer un succès rapide. Elle est brisée par l’artillerie allemande symbole de la puissance industrielle de l’ennemi. « D’un bout à l’autre de la ligne, écrit un soldat qui vient de vivre l’enfer, pressées ou non par l’adversaire, nos troupes se replient tristement ». Tel est le témoignage du colonel de Gaulle, mais il faut sauver la réputation du ministre de la guerre, Messimy, et du commandant en chef. Un sénateur de Paris, Gervais, officier démissionnaire reconverti dans le journalisme se charge de la sale besogne. Avec l’accord de la censure il écrit dans Le Matin, le 24 août 1914 : « l’insuccès que nos armées viennent de subir » est imputable « à un incident déplorable… Une division du XVe corps a lâché pied devant l’ennemi. Malgré les efforts des autres corps d’armée qui participaient à l’opération et dont la tenue a été irréprochable, la défaillance d’une partie du XVe corps a entraîné la retraite sur toute la ligne ».
La 29e division d’infanterie, celle de Nice, à recrutement local, Niçois et Provençaux, est mise en cause. En vérité, ses fantassins, tombés dans le guet-apens de Dieuze, viennent de se faire massacrer par le tir ajusté des canons allemands. Cette infamie jette pendant quatre ans l’opprobre sur les soldats méridionaux pris « d’un subit affolement… l’aveu public de leur impardonnable faiblesse s’ajoutera à la rigueur des châtiments exemplaires ». L’ « impardonnable faiblesse », étant le produit de l’affolement ministériel, il n’y eut jamais de « châtiments exemplaires ». Dès le 2 septembre, les survivants de la 29e D.I. sont engagés dans la bataille de la Marne. Leur conduite est héroïque. L’affront ne sera jamais oublié, ni pardonné à leurs auteurs, même si les hommes du XVe corps furent réhabilités par le Président de la République. Le 5 avril 1920, Deschanel, en visite à Nice, salue « cette incomparable ville de Nice, dont le nom signifie Victoire, et le beau département des Alpes-Maritimes qui en donnant à l’armée française le glorieux XVe corps ont puissamment contribué à sauver la France et le Droit ». Le 6 avril, le Petit Niçois titre : « La légende infâme a définitivement vécu ». |
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