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Le Carnaval est de nos jours célébré à divers moments de l'année selon les pays ou les régions. Fête européenne d'hiver par excellence, comme les grands carnavals de Nice, Venise, Tenerife, Viareggio, Cologne, elle connaît son apothéose au moment du Mardi Gras et étend sa renommée par-delà l'Atlantique à Rio, Trinidad, La Nouvelle Orléans, Québec.

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Déjà, au XIIIe siècle, le Carnaval de Nice connaissait la notoriété et il demeure encore une grande fête populaire de nos jours. À la fin du siècle dernier, il était devenu le Carnaval le plus important d'Europe. Tous les membres les plus illustres du Gotha européen et mondial venaient séjourner l'hiver à Nice et participaient au Carnaval. Le Carnaval de Nice correspond à la fois à l incarnation de l'identité culturelle niçoise - par la richesse et la force de son imagerie populaire et à la rencontre d'autres fêtes et cultures. Chaque année, il donne aux Niçois une opportunité spontanée de revivre une période colorée de leur histoire. L'espace carnavalesque devient le cœur d'une cité qui bat et vibre de tous ses feux.

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Pour retrouver les origines de cette fête, il faudrait retourner très loin dans le passé, peut-être, au temps de l'homme préhistorique… Fête païenne à l'origine, canalisée par l'Église au Moyen Âge qui l'insère dans le cycle précédant la période de Carême, Carnaval prend place pendant les "jours gras" (Mardi Gras), ou durant le cycle entre Noël et Mardi Gras. "Carne levare, levamen", "enlève la chair", est l'une des définitions étymologiques les plus usitées au sujet du Carnaval. Elle fait allusion à la période où l'on "ôte la chair", où l'on consomme une dernière fois de la cuisine grasse avant d'entrer en Carême ou "quadragésime" (période de quarante jours pendant laquelle les chrétiens devaient consommer de la cuisine maigre, jusqu'à Pâques). "Carrus navalis", "char naval", est une autre définition avancée pour rapprocher les origines du carnaval, au char naval ou barque voiturée, sur laquelle Dionysos, le dieu venu de la mer, pénétrait dans les îles grecques pour célébrer les fêtes dignes de son nom. Aussi, avant d'entrer en Carême, période d'abstinence et de cuisine maigre, le carnaval était la dernière fête qui donnait lieu à des débordements licencieux de la part des participants, à "des excès permis", pour reprendre la célèbre formule de Freud. Dans l'espace urbain, une mise en scène fantastique se crée, avec des rites respectés au cours des siècles, et des rôles joués par des personnages voisins du monde du Merveilleux, du Fantastique, issus de la mythologie populaire du Carnaval. Parmi ces "rôles", apparaît celui fondamental, de l'Homme Sauvage : Végétal, feuillu, ou animal (ours, cerf, bélier, chèvre, symbole de fécondité et de régénération de la Nature ou Conducteur des "âmes des morts" qui errent pendant la période carnavalesque, entre le Monde des Ténèbres et le Ciel… L'espace carnavalesque devient un lieu de médiation entre le royaume des morts et celui des vivants.

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Le masque grotesque, masque déguisement, alors investi d'un sens sacré, quasi magique, est l'attribut essentiel de la fête carnavalesque. On en retrouve la trace dans les principales civilisations de la Méditerranée : en Égypte, en Palestine, en Grèce. Cette dernière porte de nombreuses représentations de masques sur des vases grotesques, des fresques murales, qui représentent des danseurs masqués. Il s'agissait de comédies carnavalesques que l'on appelait "Cosmos", ou bien de fêtes tumultueuses en l'honneur du culte de Dionysos.

Saturnales et Lupercales au temps des Romains en décembre et février, étaient l'objet de débordement licencieux de la part des participants ; l'on assistait à l'inversion des sexes (les hommes se déguisaient en femmes) et à l'inversion des rôles (L'esclave devenait le maître pour une journée). L'Église chrétienne ne parvint pas malgré ses critiques constantes et ses condamnations à réprimer le caractère païen et libertin du Carnaval qui connaît une vie féconde pendant le Moyen Age, et se développe dans plusieurs cités médiévales en Italie, France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Espagne…

masqueDe nos jours, la signification symbolique du Carnaval a perdu beaucoup de son sens, mais la fête demeure avec des aspects et un calendrier différent selon les régions. Fêtes d'hiver, les Carnavals méditerranéens privilégient les grands défilés de chars en carton-pâte qui sont l'œuvre d'artistes talentueux comme les carnavaliers de Nice, Viareggio, Putignano (Italie), Patras (Grèce), Malte ou Valencia, en Espagne. Très original et traditionnel en même temps, le Carnaval de Santa Cruz de Tenerife, (Canaries), implique la population entière que ce soit pour les défilés de comparsas influencés par les musiques afro-brésiliennes et cubaines, ou bien le fantastique rituel de l'Enterrement de la Sardine.

Le Carnaval de Nice, - qui a été le plus grand carnaval du monde à la Belle Époque, et dont les "corsi carnavalesques" et les "batailles de fleurs" ont incontestablement influencé et parfois servi de modèle au développement des Carnavals de Rio, Viareggio, la Nouvelle-Orléans, Québec, ou bien à la célèbre parade du Tournoi des Roses de Pasadena - se trouve à un tournant de son histoire. Riche d'un passé et d'un patrimoine exceptionnel, il est à la recherche d'un nouveau souffle et une nouvelle rencontre s'effectue entre les carnavaliers et des artistes contemporains. Mais avant d'en arriver là, laissez-nous, vous conter son histoire…

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