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NICE La violence quotidienne en image SOCIÉTÉ (Nice RendezVous) — Quelques séquences de barbarie ordinaire où les victimes n’existent pas.L’inquiétant « happy slapping » (joyeuses claques) jeu cruel et violent importé d’Angleterre où il est très à la mode chez les adolescents, fait des émules en France. Il consiste à gifler ou à boxer quelqu’un au hasard dans un lieu public ou un établissement scolaire. Pendant que l’agresseur s’exécute, ses amis le filment. Ensuite, les images sont mises en ligne sur Internet ou transmises vers d’autres portables. La police française qui a connaissance de plusieurs cas, s’inquiète de ce phénomène qui s’inscrit dans « un contexte de banalisation de la violence » explique-t-on au syndicat officier Synergie. Le 24 avril, une enseignante de Porcheville (Yvelines) a été frappée par un élève. Âgé de 18 ans en 2e année de BEP, il a été mis en examen pour «violences volontaires ayant entraîné une ITT de moins de 8 jours sur personne chargée d'une mission de service public dans une enceinte scolaire». Le lycéen a été laissé en liberté et placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de résider dans le département des Yvelines, d'entrer en contact avec sa victime et avec ses anciens camarades. La plupart des enseignants ont laissé éclater leurs colères, en n’assurant pas leurs cours, vendredi dernier, quand ils ont su que le jeune agresseur était libre. Le procureur de la république de Versailles leur a expliqué «le déroulement de la procédure» et a répondu «à leurs inquiétudes sur l'éloignement du mineur, la peine qu'il encourt et son éventuel retour au lycée». Cette rencontre entrait, selon un porte parole du procureur de la République interrogé par l'AFP, dans le «cadre du partenariat étroit entre le parquet et l'inspection académique institué de longue date». Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites !!! Les enseignants de ce lycée qui ne sont pas des « Va t’en guerre » attendaient une sanction plus en rapport avec les faits et non pas ce contrôle judiciaire qui sera perçu comme une nouvelle « petite capitulation » de la justice. Qui s’ajoute à tant d’autres… Face à l’émergence de ces nouvelles violences, la fermeté devrait être la règle même si d'un point de vue judiciaire, quelques affaires de « Happy slapping » seulement ont été identifiées. À Nice, fin 2005, les images du viol d'une collégienne ont été montrées par l'agresseur, mineur, sur son portable, au sein d’un établissement. «C'est affreux pour la victime, qui a appris qu'une photo circulait», raconte Michel Redon, vice-procureur de Nice, au Monde. Ce magistrat voit dans ce phénomène l'expression d'un « narcissisme effréné ». «Dans l'esprit de ceux qui font ça, l'objectif d'autovalorisation prime tout, même la notion de risque. Avant, ils se contentaient de se vanter. Là, ils peuvent avoir la preuve de ce qu'ils ont fait. Ils sont aussi dans la négation de la victime, en la transformant en objet», note Michel Redon. Cette « négation de la victime » dont font preuve les agresseurs est un phénomène qui apparaît comme inacceptable lorsqu’il triomphe dans certains médias. Désormais, l’agresseur se trouve, trop souvent, en posture de vainqueur au détriment de la victime. Ainsi, récemment, lors de l’émission de Laurent Ruquier, sur Europe Un, a-t-on pu entendre les invités se réjouir que Sami Naceri le comédien, après deux mois de prison, ait été relâché. Il avait brisé un cendrier en verre en plein visage d’un jeune styliste parce que celui était en retard. 18 points de sutures plus tard, Naceri est libéré « c’est bien, Sami Naceri s’est excusé ! » se réjouissait un des invités de Ruquier, sans prononcer un mot pour la victime. Au chapitre, hélas fourni de la négation des victimes, une palme d’or doit être décernée à Canal Plus. Lors d’une récente émission, en début de soirée, un jeune rappeur, et ex délinquant de son état, précisait qu’il avait été condamné pour une agression de chauffeur de taxi : « Tu regrettes ton geste ? demande alors l’animateur de service » « Oui je regrette… de m'être fait attraper !! » L’animateur n’a pas émis la moindre objection, cautionnant ainsi l’inacceptable. Les exemples foisonnent, alimentés par la course à l’Audimat. Le voyou, le « dur », c’est évidemment plus « vendable » que le regard éploré de la victime. Paul Barelli Le billet de Paul Barelli paraît dans le Petit Niçois Auteur : PB Sources : Le Petit Niçois Lien : Contact : Rédaction
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