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Après l'annonce de la possible candidature de Bruno Gollnisch, figure historique du Front National, aux élections municipales de Nice 2014, voici la réaction et les explications de Gaël Nofri quant à l'aventure singulière que lui a réservé un milieu politique dans lequel il pensait avoir plus de crédit. 


gael-nofri-rbmNICE NOFRI Rassemblement Bleu Marine 


Pour rétablir la vérité des faits.

La succession d’articles plus ou moins tendancieux et partisans quant à ma décision de me retirer du combat municipal niçois m’oblige à sortir, bien malgré moi, de la réserve dans laquelle j’entendais demeurer afin de rétablir la vérité des faits.

C’est bien à la demande de Marine Le Pen et du Front National que je me suis attaché, au lendemain des élections législatives, à réunir à Nice les moyens d’une liste dite de « Rassemblement ». Cette mission m’a été confirmée par le Secrétaire Départemental, Lydia Schenardi, en juin dans les colonnes de Nice Matin ; par le vice-président du FN, Louis Aliot, en septembre devant les militants et la Presse ; par le Président d’Honneur, Jean-Marie Le Pen, le 10 novembre dernier sur les ondes de France 3. L’objectif assigné semblait alors clair et s’inscrivait pleinement dans le cadre national du Rassemblement Bleu Marine tel que je l’avais toujours entendu défini : constituer une liste de rassemblement des « forces de droites en rupture avec l’UMP » (discours de Louis Aliot à Nice ; septembre 2010), ouverte sur la société civile et le monde des compétences, ancrée dans les réalités locales, capable d’incarner la vocation majoritaire à laquelle tout mouvement politique se doit d’être attaché. La possibilité d’une alliance avec le mouvement identitaire, à laquelle je me suis toujours opposé, était elle définitivement enterrée par une prise de position ferme de Marine Le Pen tant en Bureau politique que sur le plateau de BFM-TV.

Je me suis alors tout entier consacré à cette tache, obtenant quelques succès et notamment la perspective d’une liste crédible et représentative, au-delà des contingences partisanes.

Concernant la tête de liste j’ai moi-même pris l’initiative de proposer plusieurs noms, notamment celui de Marine Le Pen qui déclina au nom du « refus des parachutages qui, à Nice surtout, ne marchent pas ». Si je proposais dans le même temps mon nom, je pris grand soin de préciser, tant à la direction du FN qu’aux Médias, qu’il s’agissait uniquement d’une proposition et que je ne souhaitais qu’une chose : voir porter à la tête de cette liste le candidat le plus apte à incarner les valeurs sur lesquelles avait été initié le travail de terrain et de rassemblement. Cette position de ma part s’inscrit dans une logique que j’ai toujours défendue : j’ai assez d’expérience des exécutifs locaux et assez d’ambition pour préférer être adjoint de la majorité que conseiller municipal d’opposition, fût-ce à la tête d’un groupe d’opposition.

La rumeur d’une candidature à Nice de Bruno Gollnisch au motif d’une « nécessaire alliance avec les Identitaires » m’étant parvenue dès le dimanche 13 janvier, j’ai fait part à Marine Le Pen de mes doutes, de mon incompréhension et de ma totale réserve face au changement évident de stratégie qui se profilait. S’il ne s’agit en rien dans mon esprit de critiquer les excellentes qualités de Bruno Gollnisch, son intelligence, ses valeurs politiques ou sa capacité, il faut bien avouer qu’une telle éventualité ne ressemblait en rien à la candidature de consensus, ancrée dans les réalités locales. De plus la perspective de l’alliance envisagée change, à mon sens, sur le fond comme sur la forme l’esprit de cette liste : ce n’est plus une liste de rassemblement d’hommes et de femmes de bonne volonté mais une alliance entre partis, ce n’est plus une liste d’union des patriotes mais une liste fortement connotée à l’extrême droite. Cela je ne peux l’accepter, persuadé d’ailleurs qu’aucun des colistiers envisagés ne l’acceptera. J’ai donc fait part à Marine Le Pen, et à elle seule, de mon refus de poursuivre dans ces conditions l’aventure ainsi que de mon étonnement de ne jamais avoir été consulté sur ce sujet.

En l’absence de toute réaction ou de toute échange, et, constatant que la présidente du FN avait semble-t-il donné à son proche entourage l’autorisation de laisser « fuiter » l’information dans le Nouvel Observateur (alors même que B. Gollnisch n’avait pas encore donné sa réponse) j’ai décidé de rendre mon choix public le 18 janvier, considérant que cinq jours de réflexion et l’indifférence affichée pour l’objection que j’avais formulée m’autorisait à considérer le choix de Marine Le Pen comme ferme, sa défiance à mon égard comme avérée et ma réaction comme réfléchie et non « épidermique ».

Sobrement, à titre personnel, sans animosité et par conviction, j’ai donc annoncé mon « simple retrait ». J’en avertis alors Bruno Gollnisch par téléphone afin qu’il connaisse les raisons de mon choix.

Qu’elle ne fut pas alors la surprise de constater, dans l’après-midi même, la réaction de la Présidente du Front National dans un entretien accordé au quotidien Nice-Matin : mon simple départ se transformait en affaire d’Etat auquel on aurait voulu conférer les apparences de la trahison, les ordres hier donnés de monter une liste se trouvaient niés, on feignait de croire que la probléme soulevé n’était qu’une querelle d’égo pour la tête de liste.

Et depuis…

Aujourd’hui, je tiens à réaffirmer avec force :

1/ Que mon retrait de s’apparente en rien à une guerre personnelle pour la tête de liste.

2/ Que mon retrait n’est pas lié aux sentiments d’estime et de profonde sympathie que je peux avoir pour Bruno Gollnisch et pour le combat courageux qu’il mène depuis longtemps.

3/ Que je ne comprends pas l’étonnement médiatisé de la Présidente du Front National quant à une décision dont je lui ai fait part bien en amont et pour laquelle elle n’avait jusqu’alors, semble-t-il, rien trouvé à redire.

4/ Que je ne pars pas pour une autre liste, pour négocier, marchander ou par calcul.

5/ Que je refuse de participer à une liste dont les valeurs portée ne seraient pas celles arrêtées au cours de l’année 2012 et dans lesquelles je me retrouvais.

Accepter une place, un ticket ou m’engager publiquement alors même que je ne me retrouve pas dans les changements projetés serait, je le crois, indigne et s’apparenterait à de l’arrivisme. Avec ce retrait je fais un choix de convictions, de valeurs et d’indépendance qui, je l’espère, sera respecté, comme je respecte, sans les partager, les orientations nouvelles qui sont prises aujourd’hui.

 

Gaël NOFRI

Ancien Conseiller de Marine Le Pen au Rassemblement National
Chargé de Mission pour la ville de Nice démissionnaire
Président de Nice Génération Espoir

 

 

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